| Il ne faut pas | Il faut |
|---|---|
| écrire le texte de son exposé et le lire | écrire le plan de l’exposé, éventuellement l’introduction et la conclusion, utiliser ses notes pour faire l’exposé |
| regarder fixement son papier | parler en s’adressant au jury, en le regardant |
| parler d’une voix monocorde | moduler l’intonation, être convainquant |
| rester immobile | utiliser ses mains pour souligner ses paroles, montrer un schéma, dessiner une courbe au tableau ou sur un papier |
| ne pas observer le jury | remarquer les réactions du jury, en tenir compte (répéter quelque chose d’incompris, poser une question) |
| déballer tout ce qu’on a à dire d’un bloc | structurer l’exposé, annoncer la structure, souligner les passages d’une partie à l’autre |
| faire le compte-rendu des documents (si l’exposé est basé sur plusieurs articles) | utiliser l’information contenue dans les documents, mais parler en son propre nom, présenter sa propre vision du problème |
| faire un exposé abstrait | illustrer vos paroles d’exemples concrets, que vous connaissez personnellement : pas de banalités, de généralisations, d’approximations |
| dépasser l’horaire imparti [1] ou, au contraire, ne parler qu’une petite dizaine de minutes | contrôler le temps qui passe (poser votre montre devant vous, pour ne pas avoir à regarder à votre poignet trop souvent), ménager du temps pour la conclusion et le passage à l’entretien |
a. Un plan ? Pour quoi faire ?
Il ne faudrait pas s’imaginer que tous les français pratiquent aisément ce qu’on exige de vous sous le nom d’exposé "à la française". Il se peut que vous assistiez par hasard à une conférence où les orateurs ne respecteront ni l’horaire, ni un plan strict, ni une logique cartésienne. Cependant en situation d’examen, c’est bien un exposé structuré qu’on attend de vous. Il doit donc impérativement être construit sur un PLAN.
Il ne suffit pas d’avoir un plan, il faut encore que le jury puisse le repérer dans vos paroles. En effet, la présence d’un plan aide grandement à la compréhension : même s’il ne comprend pas les détails, votre public (en l’occurrence le jury) est ainsi capable de suivre les idées principales. Il n’a pas la désagréable impression de ne rien comprendre dans ce que vous raconter (or il est très important pour vous de faire BONNE impression)
Pour cela, il faut
choisir un type de plan reconnaissable
faire tout pour que votre public suive votre plan au fur et à mesure de l’exposé.
b. les types de plan
Voici les types de plan généralement conseillés : vous avez intérêt à choisir pour votre exposé un plan simple, mais adapté à la situation. Il est bien évident qu’en plus de ces parties, vous devez impérativement prévoir une introduction et une conclusion (voir plus bas) :
Vous pouvez bien entendu combiner plusieurs types de plans.
Par exemple, le problème suivant, qui pourrait être donné dans une spécialisation "Sciences humaines" : "Les langues minoritaires sont-elles appelées à disparaître ?" pourrait être traité suivant le plan suivant, basé sur une opposition :
dans lequel chaque partie peut être développée selon un plan chronologique :
ou un plan logique
Bien évidemment, vous choisirez le plan qui convient à ce que vous avez à dire (si vous ne savez rien de l’histoire de la question, ne choisissez pas un plan chronologique !)
Vous pouvez également établir des plans pour les sujets proposés plus bas dans la partie intitulée "la pratique de l’exposé".
c. la mise en évidence du plan
Comme nous l’avons souligné plus haut, il ne suffit pas d’avoir un plan pour faire un bon exposé. Vous devez faire en sorte que votre "auditoire" remarque votre plan, le reconnaisse, qu’il soit capable de le suivre au fur et à mesure. Dans ce but vous devez absolument respecter deux règles :
REGLE N°1 : ANNONCER LE PLAN AU DEBUT DE L’EXPOSE.
Cela peut vous paraître fastidieux, inutile et artificiel, tout comme, du reste, toutes les recommandations qui suivront. Je vous conseille d’accepter néanmoins ces règles du jeu, qui vous serviront certainement pour l’exposé au DALF, et qui pourront par ailleurs être utiles dans toute autre situation où vous aurez à prendre la parole en public. Pour une meilleure compréhension mutuelle, il est hautement recommandé d’annoncer le plan de votre exposé avant de commencer. En général, cette annonce se fait à la fin de l’introduction. Il est d’usage, dans ce genre d’annonce, d’utiliser le FUTUR. Si vous êtes debout au tableau, vous pouvez écrire votre plan au tableau. Si vous êtes assis, vous pouvez écrire votre plan sur une feuille de papier que vous tendez ensuite au jury. Vous pouvez aussi, pendant la préparation, préparer un exemplaire du plan pour le jury (l’autre exemplaire vous servira de guide pendant l’exposé)
Bien entendu, ce plan sera un plan-idées, c’est à dire que vous devez commenter chacune des subdivisions de ce plan en présentant les idées principales qui seront développées dans chaque partie.
Prenons par exemple le sujet suivant : "La Russie doit-elle accepter de stocker et traiter les déchets nucléaires des pays industrialisés ?"
Vous avez prévu de traiter ce sujet avec le plan suivant (plan basé sur une opposition) :
Le schéma ci-dessus peut donner, pour notre exposé, le plan-idée suivant :
Comment allez-vous annoncer ce plan à votre jury ?
"En première partie, j’aborderai les avantages que la Russie tirerait du stockage des déchets nucléaires sur son territoire. Je mentionnerai les profits possibles, la présence de matière première bon marché, l’amélioration des relations avec l’Occident. En deuxième partie, je parlerai des inconvénients liés à une telle pratique : les dangers que présente le transport, les conditions de stockage inadaptées, les risques de catastrophe écologique. En conclusion je vous ferai savoir mon opinion personnelle sur ce sujet et les solutions qui me semblent optimales. Passons, si vous le voulez bien, à la première partie de mon exposé..."
Notez les formules qui vous seront utiles pour exposer votre plan :
- je parlerai / traiterai de, je présenterai, je développerai, je m’étendrai sur
dans un premier temps, j’exposerai...
ensuite, dans un deuxième temps...
pour conclure / en conclusion / pour finir je dirai que
Pour souligner qu’on ne traitera pas un problème particulier - je passerai rapidement sur, je n’insisterai pas sur,
REGLE N°2 : SOULIGNER LES PASSAGES D’UNE ETAPE A L’AUTRE DE L’EXPOSE.
Pour permettre à votre public de bien vous suivre, vous devez respecter un certain nombre de conventions.
Tout d’abord, bien évidemment, vous devez soigner votre prononciation et votre intonation. Mais cela n’est pas tout.
N’oubliez pas que l’exposé est un "acte du discours", un acte de communication entre vous et votre auditeur. Pour que cet acte soit réussi et qu’il atteigne son but, vous devez utiliser une "métalangue", des outils qui vous permettent de commenter votre propre exposé. Elle comporte :
| d’abord | ensuite | enfin |
| tout d’abord | puis | finalement |
| en premier lieu | en second lieu | en dernier lieu |
| au premier abord | ||
| de prime abord | ||
| avant tout | en fin de compte | |
| premièrement | deuxièmement | |
| non seulement | mais encore, mais aussi [3] | |
| pour commencer | de plus, en outre, de surcroît, encore, aussi | pour terminer |
| au début | ||
| verbe commencer | verbe ajouter | verbe terminer |
Nous conseillons instamment l’usage aux professeurs l’usage de la vidéo pour corriger les défauts des exposés.
Dans l’introduction, vous devez indiquer les informations suivantes :
exposer le problème (éventuellement à l’aide d’un exemple concret)
annoncer le plan de l’exposé (voir plus haut, "règle N°1")
Vous ne devez pas
donner votre opinion personnelle
dévoiler ce que vous direz dans la conclusion.
La première partie de l’introduction doit comporter une ou deux phrases. Vous pouvez l’écrire pendant la préparation, mais il sera préférable pendant l’exposé de la dire "sans regarder" votre papier.
Pour commencer votre exposé, vous pouvez, en principe, poser une question rhétorique. Si vous choisissez cette possibilité, n’oubliez pas de marquer de votre intonation, en vous adressant au jury, qu’il s’agit bien d’une question rhétorique. Si vous ne vous sentez pas sûr de vous, ne prenez pas le risque d’être mal compris.
Vous pouvez commencer votre exposé par un exemple caractéristique. Soit le sujet suivant : "Certains préconisent de commencer l’enseignement des langues étrangères à l’école, d’autres, à la maternelle, les troisièmes, à l’Université. Quelle est selon vous la solution la plus efficace ?"
Voici quelques variantes d’introduction :
Il est bien évident que si vous vous sentez à l’aise en français, vous n’êtes pas obligé de rédiger le texte de l’introduction. Sur votre papier de préparation, qui va vous servir de guide pendant l’exposé, notez alors simplement l’idée principale ou l’exemple-type que vous développerez dans l’introduction, pour ne pas risquer le trou de mémoire ou le manque d’inspiration. Ainsi, pour les trois introductions présentées, votre guide pourrait avoir l’aspect suivant :
1) Internet / voyages / échanges internationaux / frontières abolies / langues étrangères indispensables A quel âge commencer ?
2) exemples : "Je ne mange pas six jours" "cherchez la femme" "l’amour-toujours" "c’est la vie" études des langues insuffisantes A quel âge commencer ?
3) exemple : Muzzy in Wonderland A quel âge commencer à apprendre les langues étrangères ?
La conclusion est un élément essentiel de l’exposé, et pourtant c’est celui qui est souvent le moins réussi.
Une bonne conclusion sert à :
rappeler brièvement le contenu de l’exposé,
souligner l’opinion personnelle de l’intervenant,
inviter l’auditoire (en l’occurrence les membres du jury) à entamer la discussion.
Examinons en détails ces trois aspects :
Bref rappel du contenu
Il fait le pendant à l’exposé du plan que vous aviez fait à la fin de votre introduction. Il n’est pas nécessaire ici de reprendre en détail toutes les sous-parties de votre plan, mais il faut absolument rappeler la structure globale de votre exposé. Evitez toutefois les formules du type : "comme je l’ai déjà dit".
Dites plutôt :
- comme nous venons de le voir...
en résumé, je me permettrai de rappeler que...
Ainsi, nous avons constaté que...
Comme on peut le voir, cette partie de l’exposé utilise les temps du passé : passé immédiat, passé composé. Il est indispensable de reprendre les résultats, les déductions, les solutions qui ont été proposés dans la dernière partie de l’exposé. Efforcez-vous de reformuler et non pas de répéter mot à mot ce qui vient d’être dit.
votre opinion personnelle
La conclusion est l’endroit idéal pour exprimer votre opinion à propos du sujet débattu. En cela, l’épreuve B4 diffère radicalement de la synthèse de documents B3 ou du compte-rendu B1, où il était interdit de présenter son point de vue. L’épreuve du DALF n’est pas une confession ou un interrogatoire de police - vous pouvez, bien entendu, défendre un point de vue qui n’est pas véritablement le vôtre. Cependant, méfiez-vous, prenez garde à ce que vos arguments soient convaincants. Ne contredisez pas dans la conclusion ce que vous avez affirmé dans le développement de l’exposé. C’est probablement sur votre opinion personnelle que portera l’entretien avec le professeur.
l’amorce de l’entretien
C’est probablement la dernière phrase de l’exposé : il faut absolument que le jury comprenne que vous avez fini. Vous devez donc :
soigner votre intonation : la dernière phrase doit être prononcée assez fort, distinctement, la voix se pose et ne laisse plus rien attendre (imaginez un gros point "•" à la fin de votre phrase et surtout pas des points de suspension...), il faut énoncer cette phrase avec assurance.
signifiez de votre regard que vous avez fini : même si vous n’avez pas réussi, durant tout l’exposé, à regarder l’examinateur en face, faites l’effort de le regarder au moins pour la dernière phrase.
Utilisez des formules du genre : "je vous remercie de votre attention et suis prêt à répondre à toutes vos questions", "Si vous avez des questions, je m’efforcerai d’y répondre"
Evitez à tout prix un timide : "j’ai fini" au bout de quelques secondes de silence.
Également su ÉduFLE :
DELF-DALF, notre sélection de sites proposant annales, conseils et corrigés.
L’épreuve DALF B4 : entraînement à la prise de parole
L’épreuve DALF B4 : Recommendations pratiques
[1] il vous sera donné dans la consigne : en principe - une vingtaine de minutes pour l’expose et une dizaine pour l’entretien
[2] la première personne du pluriel ne signifie pas que vous parlez de vous au pluriel, comme Louis XIV, mais elle implique votre public avec vous : c’est votre auditoire et vous qui passez à l’analyse du sujet suivant.
[3] aussi : pas en tête de phrase, comparer "Aussi, partage-t-il l’opinion que" à "Il partage aussi l’opinion que"


Un grand merci pour ces conseils ! justement j en avais réellement besoin pour mon oral d aide soignante. infiniment merci.
hind
Merci beaucoup. Vous m’avez aidé à faire une belle conclusion pour un travail en histoire que je n’arrivais pas à faire avant que je trouve votre article.
merci encore, Milène
Que pouvons nous dire de vos conseils ?
Bravo, je vous remercie.
Pour conclure, vos conseils m’ont été bénéfiques. Je reviendrai sur votre site.
Avec mes cordiales salutations. JCS
Merci beaucoup vous m’avez bien aidez a réussir mon premier exposé merci
said Maroc