Utilisation pédagogique d’une couverture de livre de poche

vendredi 17 juillet 2009 , par Jean-Marcel Morlat
 
L’objectif de cette activité est d’amener les apprenants à s’exprimer à partir de la couverture d’un roman qui offre une certaine ‘image’ de la femme et de l’amour. C’est une activité parfaite pour introduire cette thématique dans le cadre d’un dossier de civilisation sur l’amour.

Niveau : B1-C2

Durée : 50 minutes

Nombre d’apprenants : activité réalisée avec 15 apprenants d’environ 18 ans, mais le nombre est variable

Matériel :

- Une photocopie de la jaquette du livre de Mario Vargas Llosa, Tours et détours de la vilaine fille, publié chez Folio, qu’on peut trouver sur les sites de nombreuses librairies en ligne (voir notamment : http://www.evene.fr/livres/livre/mario-vargas-llosa-tours-et-detours-de-la-vilaine-fille-22583.php) ;

- La liste des questions de compréhension rédigées par le professeur.

Remarques sur l’objectif et le support :

L’objectif de cette activité est d’amener les apprenants à s’exprimer à partir d’une publicité pour un roman qui offre une certaine ‘image’ de la femme et de l’amour. En ce qui concerne l’utilisation de l’image associée au texte, Alfred Noé n’a-t-il pas un jour eu une remarque qui illustre parfaitement notre propos :

« Ce n’est pas à tort que la didactique des années 1970 en raffolait : il y a des exemples qui semblent faits pour être portés tels qu’ils sont en classe ; un texte court et en plus rendu plus lisible par le support de l’image. » [1]

Cette activité peut être effectuée lorsque l’on aborde le thème de la littérature ou encore celui des relations humaines. Les apprenants doivent discuter entre eux, faire des hypothèses, puis les vérifier ensemble et avec le professeur.

La publicité choisie a une certaine charge ‘érotique’ et ne peut laisser indifférents les filles et les garçons du groupe d’apprenants. De même, elle leur permet de faire un détour par l’Amérique Latine, à savoir le Pérou, puisque Mario Vargas Llosa [2] est un écrivain péruvien qui a des liens étroits avec la France. Le décryptage du rapport entre l’image et l’écrit leur permettra en même temps d’acquérir le vocabulaire adéquat.

Déroulement de l’activité :

Consigne orale :

"Aujourd’hui, nous allons expliquer et analyser la jaquette d’un roman de Mario Vargas Llosa. Vous allez travailler par groupes de deux, discuter et essayer de répondre aux questions que je vais vous poser au sujet de cette couverture. Nous mettrons ensuite nos réponses en commun ; une personne de chaque groupe donnera les réponses".

Avant de démarrer, il est expliqué aux apprenants qu’ils devront vérifier le sens des mots inconnus dans le dictionnaire. L’enseignant passe tout de même dans les groupes pour expliquer les mots qui leur donnent du fil à retordre. On pourra revenir sur certaines incompréhensions au moment de la mise en commun. L’enseignant distribue la publicité et la liste de questions. (20 minutes)

Questions

1. Où se trouve la scène ?

2. Qui est la personne qui se trouve sur la photo ? Pouvez-vous la décrire ?

3. Comment décririez-vous cette atmosphère ?

4. À qui s’adresse ce livre ?

5. Pouvez-vous imaginer l’histoire du roman ?

6. Pour les garçons : quel genre de femme vous séduit ? Pourquoi ?

7. Pour les filles : quelle impression avez-vous de cette femme ?

8. Pour vous, qu’est-ce que c’est l’amour fou ?

9. Quels genres de romans aimez-vous lire ? Pourquoi lisez-vous ?

Mise en commun :

1. Consigne orale : « Maintenant, nous allons mettre en commun vos réponses et rédiger un texte ensemble. »

2. On pourra comparer la production obtenue avec le texte suivant :

Que de tours et de malices chez cette vilaine fille, toujours et tant aimée par son ami Ricardo, le bon garçon. Ils se rencontrent pour la première fois au début des années cinquante, en pleine adolescence, dans l’un des quartiers les plus huppés de Lima, Miraflores. Joyeux, inconscients, ils font partie d’une jeunesse dorée qui se passionne pour les rythmes du mambo et ne connaît d’autre souci que les chagrins d’amour. Rien ne laissait alors deviner que celle qu’on appelait à Miraflores la petite Chilienne allait devenir, quelques années plus tard, une farouche guérillera dans la Cuba de Castro, puis l’épouse d’un diplomate dans le Paris des existentialistes, ou encore une richissime aristocrate dans le swinging London. D’une époque, d’un pays à l’autre, Ricardo la suit et la poursuit, comme le plus obscur objet de son désir. Et chaque fois, il ne la retrouve que pour la perdre. Et, bien entendu, ne la perd que pour mieux la rechercher. Il n’est jamais facile d’écrire l’histoire d’une obsession. Mais la difficulté est encore plus grande quand il s’agit d’une obsession amoureuse et quand l’histoire que l’on raconte est celle d’une passion.

(http://www.evene.fr/livres/livre/mario-vargas-llosa-tours-et-detours-de-la-vilaine-fille-22583.php)

Pour aller plus loin :

En guise de devoir, on demandera aux apprenants de sélectionner une photo et d’imaginer une couverture pour un livre imaginaire ou réel, laquelle activité peut également être réalisée en collaboration avec un professeur d’art comme j’ai pu le faire dans certaines écoles avec le même type d’activités.

[1] Alfred NOÉ, “Littérature : retour au texte”, Le Français dans le Monde, no 261, pp. 45-46.

[2] On pourra donner des informations sur l’écrivain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mario_Vargas_Llosa ) : « Dès ses 14 ans il étudie l’Académie militaire Leoncio Prado de Lima, qui lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre La ville et les chiens. Il étudie à l’Université San Marcos de Lima et occupe parallèlement différentes professions ; Correcteur, puis collaborateur aux rubriques cinéma de revues littéraires, notamment Literatura (1957-1958) ou El Comercio. Pendant une brève période il fut impliqué dans une branche étudiante du Parti Communiste péruvien, qu’il abandonne en protestant contre la ligne staliniste sur la littérature et l’art. La révolution cubaine fait pendant un temps revivre ses sentiments révolutionnaires. Grâce à une bourse, il poursuit ses études à Madrid et obtient en 1958 un doctorat avec une thèse sur Rubén Darío. Après avoir écrit un recueil de nouvelles remarqué, Les Caïds (Los Jefes, 1959), œuvre qui a obtenu le Prix Leopoldo Alas, il s’installe à Paris. C’est là qu’il rédige La ville et les chiens en 1963, ouvrage qui fait de lui un auteur de renom (Prix de la Biblioteca Breve et Prix de la Crítica) . Son roman est traduit presque aussitôt dans une vingtaine de langues. Il y décrit la vie menée par les cadets (les chiens du titre), et met en contraste l’oppression de la discipline et les brimades subies par les jeunes gens avec le vent de liberté qui souffle sur la ville. Depuis, Mario Vargas Llosa est un écrivain reconnu, régulièrement invité dans les universités du monde entier pour y donner des cours et des conférences. Dans La Maison verte (1966), l’auteur décrit la vie dans la lointaine forêt péruvienne et dans la zone urbaine de Piura. Il reçoit à nouveau le Prix de la Critique et le Prix International de Littérature Rómulo Gallegos en 1967. Parmi les principaux autres romans de Vargas Llosa, on retiendra Conversation dans la cathédrale (1969), Pantaléon et Les Visiteuses (1973), satire du fanatisme militaire et religieux au Pérou, L’Orgie perpétuelle (1975) et un roman semi-autobiographique, Tante Julia et le Scribouillard (1977). Le roman La Guerre de la fin du monde (1982), qui traite de la politique brésilienne au XIXe siècle, connut un large succès public et critique, surtout en Amérique Latine. Citons aussi Qui a tué Palomino Molero ? (1986), roman consacré aux violences politiques au Pérou, L’Homme qui parle (1987) et Éloge de la marâtre (1988).Tenté pendant une période par le communisme, il est devenu libéral en voyant les dérives de la révolution cubaine. Il a été influencé dans son parcours intellectuel par la lecture de trois auteurs : Karl Popper, Friedrich Hayek et Isaiah Berlin. Il fonde dans son pays un mouvement de droite démocratique, Libertad. Il a été le candidat de la droite libérale aux élections présidentielles péruviennes de 1990 et a été battu au second tour. Il a gagné ensuite l’Espagne et s’est installé à Madrid. Le gouvernement de Felipe González lui a accordé la nationalité espagnole sans qu’il ait à renoncer à la péruvienne. Il est membre de la Real Academia Española (Académie Royale Espagnole). Il a reçu le Prix Cervantes en 1994. En 2005, il a reçu le Irving Kristol Award de l’American Enterprise Institute. ».


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