Stage culturel à l’IF de Brême

vendredi 14 février 2003 , par Benoît Jamet
 

Ce stage culturel s’est effectué dans le cadre du CCCL de Brême du 24 Avril 2001 au 28 Mai 2001. Je tiens tout particulièrement à remercier les différentes personnes, contribuant à la bonne marche de cette institution, pour leur accueil, la possibilité qu’ils m’ont laissé de prendre part à leurs cours, d’y expérimenter moi-même quelques idées. Je fus aidé en cela, et soutenu, par les 5 professeurs FSZ, ainsi que par la directrice de l’IF, Daniela Von Scheidt, et aussi par l’attachée linguistique chargée du développement du français, avec laquelle j’ai collaboré, je l’espère avec satisfaction, pendant ces cinq semaines, Caroline Veltcheff. Je tiens aussi à remercier la responsable du centre d’auto-apprentissage pour les détails concernant l’instittution et les différents programmes culturels et linguistiques s’y déroulant.

La collaboration avec ces différentes personnes m’a bien montré les différents problèmes pouvant se présenter dans un cadre réel, et non théorique, d’une classe de FLE, mais aussi dans le cadre de l’organisation de manifestations culturelles et linguistiques ayant pour but de promouvoir le français dans une région pas forcément acquise à cette cause au départ, puisque seulement 14% des jeunes allemands apprennent le français.

Présentation de l’institution

Quelques Chiffres :

Le Centre de Coopération Culturelle et Linguistique (C.C.C.L) de Brême, dans lequel j’ai effectué ce stage pendant cinq semaines, doit être plus correctement nommé Institut Français (IF) de Brême, puisque c’est ici sa dénomination officielle. Mais cet institut englobe les deux caractéristiques de ces dénominations.Il reste un outil du Ministère des Affaires Etrangères.

L’Institut Français de Brême collabore avec le Centre de langues des universités de Brême, depuis sa création en 1995. Le nombre d’étudiants inscrits en 1995 étaient de 220, dont 30 acquèrirent, soit le Diplôme Elémentaire de langue Française (D.E.L.F), soit le Diplôme Approfondi de Langue Française (D.A.L.F). Il y eut aussi 50 étudiants partant dans des universités françaises, l’IF possédant dans le cadre de son action universitaire une convention avec une seule université cette année-là. Le nombre de ces conventions est passé à 5 en 2000, une augmentation qui s’est traduit aussi en terme d’étudiants inscrits (720), de DALF et de DELF délivrés (380) et de départs en universités françaises (102).

L’IF de Brême mène aussi une action linguistique et éducative puisque, s’occupant de l’enseignement du français à Brême et en Basse Saxe, ceci en fait le 1er centre d’examen en Allemagne. Le nombre d’unités DELF/DALF, sous sa responsabilité, est passé de 214 en 1996 à 2020 en 2000. Un effort tout particulier est mené sur l’enseignement précoce du français, puisqu’il concernait 13 écoles en 1996, et qu’en 2000, 18 écoles étaient impliquées dans ce programme qui a aussi vu se dérouler 5 échanges scolaires. Cette augmentation s’est traduite par un nombre de diplômes DELF/DALF scolaires délivrés passant de 0 en 1995 à 191 en 2000. Enfin, concernant l’aspect linguistique et éducatif, le nombre d’élèves concernés par des animations scolaires interdisciplinaires a décuplé en 4 ans passant de 250 à 2500 de 1996 à 2000.

L’IF est aussi un outil de promotion de la culture, action en perpétuelle augmentation. Le nombre de manifestations culturelles concernant l’IF est ainsi passé de 76 à 102 entre 1996 et 2000 dont la moitié se déroule hors des murs de l’institut. Enfin la bibliothèque/médiathèque a vu sa fréquentation quasi-doubler entre 1996 et 2000.

L’IF « chapeaute » et coordonne donc les différentes actions entreprises par les promoteurs du français à Brême et en Basse-Saxe. Elle met aussi en synergie les activités linguistiques avec la plupart des activités culturelles proposées.

Un enracinement local profond :

Un partenariat fort existe entre les institutions locales et l’IF. De ce point de vue, l’IF propose, à tous les niveaux scolaires, une pédagogie FLE communicative en offrant une formation aux professeurs. Il conseille les étudiants et suit leurs dossiers étudiants dans le cas d’une demande d’études ou de stages se déroulant en France. Au niveau du DELF et du DALF, l’inscription de l’IF dans les instructions officielles du secondaire s’est ajoutée au soutien financier du Sénat. L’IF introduit aussi le Portfolio européen des langues dans le secondaire et le supérieur. Enfin, deux filières franco-allemandes ont été mises en place à la Hochschule (un IUT à l’allemande) de Brême.

Au sein même de l’institut français, la synergie entre action linguistique et programmation culturelle progresse. La programmation culturelle se fait ainsi plus en direction des étudiants. Il existe aussi des ateliers interdisciplinaires animés par des francophones, à l’IF ou dans les musées de la ville, comme « le français autrement ». Cette action culturelle, structurée sous la formes de projets, se déroule en collaboration avec les institutions locales et s’intègre à la vie de la cité. La politique, elle-même, concernant les ressources acquises par la médiathèque va dans le sens d’un reflet contemporain de la France, celui-ci étant souligné par l’informatisation de cette médiathèque.

Mais l’Institut français reste aussi un outil pour tout le réseau, de par le développement qu’il mène dans le domaine du matériel des Nouvelles Techniques Educatives (NTE), qu’elles concernent le primaire, le secondaire ou bien le supérieur. Ce développement s’accompagne de la mise en ligne des cours.

Bien sûr, pour mener à bien ces différentes actions, l’IF est doté d’une salle de conférences, d’une salle de théatre/cinéma, de la réception satellite ainsi que de la possibilité de projeter des vidéos sur grand écran, ainsi que de 5 salles de cours. A cela s’ajoute un centre d’auto-apprentissage, où les élèves peuvent travailler individuellement au moyens d’outils multimédias. Ce centre d’auto-apprentissage fut créé en 1995, et financé par les instances politiques locales. Tout en aidant à la formation linguistique des étudiants, il apporte aussi une formation pédagogique aux lecteurs d’université, aux enseignants du primaire et du secondaire, à travers des projets éducatifs associant les élèves.

L’IF est ainsi intégré aux institutions et son financement est local. Le Centre de langues des universités de Brême est un projet-pilote universitaire, appelé d’ailleurs « le modèle brémois ». L’IF s’est vu déléguer la formation des étudiants non-romanistes, à travers un cycle de formation de deux ans « le français pour les études et la profession ». Le financement de ce programme se fait par le Sénat de Brême. En 2001, ce dernier aura alloué 504 784 DM ( environ 255 000 ?), représentant 4 postes ainsi qu’une subvention pour le fonctionnement.

Les cours de langue, pour les étudiants de l’Université de Brême, sont dispensés par des professeurs dépendant du C.L.A de Besançon dans le cadre du Fremd Sprachen Zentrum (FSZ), autrement dit le Centre de langues étrangères. Ces cours de langue ont la particularité d’être essentiellement basé sur un travail à partir de documents authentiques, tels que des chansons, des articles de presse émanant du journal-papier proprement dit ou bien de sa version en ligne (ex : Libération/liberation.fr). Cette intégration de l’IF au Centre de langues permet à celui-ci d’être présent dans tous les établissements d’enseignement supérieur du Land (l’Allemagne étant un état fédéral, ce pays est divisé en Länder, ayant chacun une autonomie institutionnelle) et plus particulièrement dans des filières diversifiées telles le droit, l’économie, les sciences naturelles et les sciences de l’ingénieur.

Au final, l’institutionnalisation de l’institut français se traduit en chiffres par un financement local d’environ 300 000 ? pour la coopération universitaire et éducative, auxquels il faut ajouter les 15 000 ? versés par le Sénat de Brême au titre de soutien de l’action culturelle.

Mais l’IF reste aussi conscient de son intégration à un espace plus vaste que la seule coopération franco-allemande, la coopération européenne. Celle-ci se fait à travers les diverses actions menées en partenariat avec l’Institut Cervantes (Espagne) ainsi qu’avec l’Institut Goethe (Allemagne), tous deux également implantés à Brême et également partenaires du centre de Langues. L’automne 2000 aura vu un programme culturel commun franco-espagnol.

Il y eut aussi, dans le cadre d’un programme Léonardo de 1996 à 1999, la réalisation d’unn CD-Rom LAUSATEL (Language Acquisition USing Advanced TELecommunication) pour l’apprentissage en tandem par visio-conférence, et qui fut testé au cours de l’été 2000.

Cette collaboration se poursuit actuellement avec le projet SIAL (Support Informatique pour l’Apprentissage auto-dirigé des Langues), autre projet Léonardo et entrepris par le CCCL de Brême, et ayant reçu le soutien du Département, car le matériel sur lequel le CCCL travaille pourrait interesser l’ensemble du réseau. Ce projet est une plate-forme internet permettant de gérer et de créer des centres d’apprentissages en ligne. Ce projet s’adresse à différentes personnes, enseignants, conseillers, apprenants en langues, mais aussi aux entreprises ou institutions désireuses de modifier ou d’adapter leur ofrre de formation enlangues, qu’elle soit générale ou de spécialité, et ceci par la voie du mail, de la visio-conférence ou bien encore du voice-mail.

Un axe européen a aussi été crée par le biais de la Communauté des Villes Ariane (CVA), qui regroupe les villes et entreprises européennes participant à la production de la fusée Ariane, dont Brême et Toulouse font partie.

L’exemple de l’IF de Brême pourrait se voir renouveler dans d’autres endroits, de par l’attraction que pourrait générer, auprès d’un nouveau public, cette intégration assez nouvelle d’un IF aux institutions.

L’IF de brême est donc un acteur essentiel de la vie culturelle et linguistique de Brême, vie qui prendra encore plus d’essor avec l’implantation d’une université privée américaine, l’International University Bremen (IUB), ainsi que la création d’un centre culturel américain, le Bremen United States Center. Ces deux nouveautés dans le paysage linguistique brémois ont été intégrés par l’IF, qui prévoit une collaboration avec l’IUB pour la formation linguistique des étudiants.

Toutefois, bien que la collaboration entre les divers instituts reste de mise, la place du français, et les efforts déployés par l’IF pour étendre la pratique du français dans une région plus traditionnellement tournée vers le monde anglo-saxon, pourrait être mise à mal par ces arrivées massives de formations en anglais ainsi que par la place proéminente qu’occupe l’Institut Cervantes de Brême dans le réseau culturel espagnol et qui induit une disproportion de moyens entre ceux mis à la disposition de cet institut par le gouvernement espagnol et ceux mis à la disposition de l’IF par le MAE ( Rapport de 1 à 3). Ceci est la préoccupation majeure actuelle de la direction de l’IF.

Une menace plus générale pèse aussi sur les 24 Instituts Français en Allemagne depuis que les états français et allemands ont conjointement décidé de réduire les budgets alloués à leurs Instituts basés à l’étranger. En dépit des protestations des principaux concernés, la France devrait, au terme de cette « réforme » fermer la moitié de son réseau en Allemagne, ou bien ceux-ci devront être pris en charge pour l ’essentiel par des partenaires locaux, et c’est ici que l’IF de Brême a une longueur d’avance sur les autres.

LES ACTIONS MENEES.

Ce stage culturel comportait trois actions principales, dont une où je fus représentant de l’Institut français de Brême auprès d’une école. Ces trois actions principales furent :

 « Cinéfête », festival itinérant à travers toute l’Allemagne présentant la culture française à travers des films récents ou bien des films ayant marqué l’histoire culturelle française de manière importante.

 « Europa Woche », manifestation se déroulant à Brême même et concernant tous les instituts de langue de cette ville.

 La remise de diplôme DELF à des lycéens de Bremerhaven.

« Cinéfête »

Qu’est-ce que « Cinéfête » ?

« Cinéfête » est un festival du film français pour la jeunesse itinérant à travers l’Allemagne. Il est proposé par l’Ambassade de France en Allemagne et est organisé en collaboration avec les Instituts Français et diverses salles de cinéma. Les films qui sont présentés lors de cette manifestation le sont en version originale sous-titrée en allemand. Ce festival a pour but d’aborder la langue et la culture française en transposant la classe de langue au cinéma, mais aussi celui de sensibiliser les scolaires aux techniques et à la culture cinématographiques et de découvrir le cinéma français.

« Cinéfête à Brême »

« Cinéfête » s’est déroulé à Brême du 10 au 16 Mai 2001 et fut donc, de par sa place dans le calendrier de l’Institut Français, l’action principale que j’eus à mener en compagnie de l’attachée linguistique chargée du développement du français. Ce festival fut mené en collaboration avec le « Kino 46 », cinéma indépendant de Brême. Il fut fixé un prix raisonnable de 5DM ( 2,5 ? ) par place pour pouvoir permettre aux professeurs d’emmener leurs élèves à moindre frais, et ceci fut aussi une raison de la réussite de cette manifestation.

De plus, pour motiver les élèves ainsi que les professeurs à venir nombreux, un concours fut organisé, dont le déroulement et la direction fut confiée à l’Institut Français. Le responsable du « Kino 46 » fut pleinement intégré a cette organisation, ainsi qu’Arte en offrant les principaux prix. Ces prix étaient plutôt motivants pour les élèves puisque le premier de ceux-ci était un séjour d’une semaine en France, et le deuxième un Pass Junior Brême-Paris permettant à son gagnant de pouvoir se rendre en France gratuitement.. Enfin, Arte offrit les 13 autres lots destinés aux élèves, parmi lesquels se trouvaient des cassettes vidéos, ainsi que les cadeaux destinés aux professeurs, qui étaient des abonnements à Arte Magazine.

Le concours consistait à remplir un questionnaire à la sortie des séances et à le mettre dans une urne, à charge pour l’IF de dépouiller ceux-ci et de pouvoir en tirer une indication des impressions des spectateurs. Les résultats du concours furent décidés par un tirage au sort, effectué par la directrice de l’IF et le directeur du Kino 46. La remise des prix donna lieu à une remise des prix, organisée à l’intérieur même des locaux de l’IF. Comme les gagnants n’étaient pas avertis de la nature de leur prix mais qu’ils étaient au courant de la nature du premier prix, cela permit de les attirer à l’intérieur de l’IF et ainsi, cette cérémonie put être pour eux une première introduction à cet institut, facteur essentiel de la vie linguistique locale pour qui veut apprendre le français en Basse-Saxe. Le céremonie en elle-même se déroula avec la collaboration du consul de France en Allemagne venu tout spécialement de Berlin pour l’occasion, à la demande de l’IF de Brême.

Les films présentés lors de ce festival reflétaient une actualité cinématographique en même temps qu’une vision de la culture française à travers son industrie cinématographique. Les principaux films furent Un indien dans la ville, Kirikou, Le huitième jour, Le hussard sur le toît, Le ballon d’or, Le bossu, La vie rêvée des anges, ainsi qu’une sélection de court-métrages intitulée Courts, courts, courts. Le programme avait donc été pensé de telle façon que, quelque soit l’âge des apprenants, il était possible de les faire venir à un film en correspondance avec leurs intérêts, non seulement du point de vue de leur âge mais aussi du point de vue de leur compétence linguistique.

Sur certains films, Kirikou en particulier, les professeurs avaient préparé ce festival bien en amont. Ainsi pour l’exemple pré-cité, destiné à un public plutôt enfantin (bien qu’il puisse être aussi apprécié par des personnes plus agées et surtout par des personnes dont le niveau de langue est plus faible), les professeurs avaient intégré dans leur programme annuel l’apprentissage des chansons de ce film. Il fut ainsi possible de mettre en place un petit spectacle à la fin de la projection, qui fut celle de l’ouverture du festival, avec la collaboration d’un professeur d’origine africaine ayant ramené des instruments qu’on avait pu voir dans le film, et permettre ainsi aux élèves de mettre en pratique ce qu’ils avaient appris en classe de français.

Ces projections ne furent que la partie émergée de l’iceberg « Cinéfête », puisqu’à coté de ces manifestations, ouvertes aussi au grand public, l’Institut Français avait préparé pour les professeurs de français du « Land » des dossiers pédagogiques. Cette étape des dossiers pédagogiques se déroula en deux temps.

La première étape fut une réunion des professeurs de Français langue Etrangère du « Land » de Brême au cours de laquelle je leur exposai l’intitulé du dossier et l’intérêt qu’ils pouvaient en retirer pour leur classe de français. Ces dossiers pédagogiques, au nombre équivalent à celui des films présentés lors de la manifestation, se présentaient sous la forme d’une introduction au film par l’image et une autre par le son.

La première de ces introductions permet la formulation d’hypothèses à partir de l’affiche du film et de photos extraites de celui-ci. La deuxième, elle, se fait à travers la transcription des dialogues à l’écrit. En préparant les élèves à surmonter les barrières linguistiques et interculturelles, ces exploitations permettent aussi de les sensibiliser à l’image et à son langage propre. Ces exploitations pédagogiques sont découpées en deux parties distinctes : Des activités ayant pour but de préparer les apprenants au visionnage du film, et d’autres que l’on peut effectuer après avoir pris part à la séance.

Je dois ici ajouter que pour les professeurs n’ayant pas l’opportunité de venir aux projections organisées au Kino 46, mais aussi bien sur pour les autres, l’IF de Brême, par l’intermédiaire de son Centre d’Auto-Apprentissage et de son matériel, permettait à ces professeurs d’avoir à leur disposition dans leur classe les copies vidéos des extraits présentés dans ces expoitations pédagogiques. Ce fut aussi l’un de mes travaux, lesquels me mirent en relation directe avec les professeurs de français du « Land » dont l’IF de Brême a la responsablité.

Lors de cete réunion se déroulant dans les locaux Brémois, j’eus l’occasion de faire une démonstration de l’intérêt de ces exploitations en m’appuyant sur le film La vie est un long fleuve tranquille . Lors de cette intervention, je pus introduire les notions de « films culte », de peinture de la société française selon un schéma très manichéen, voulu par l’auteur, « bourgeoisie contre prolétariat ». La liste des expressions de ce film rentré dans la culture populaire française est un des points qu’il fallut tout aussi normalement évoquer.

L’un de mes travaux étaient aussi de pouvoir apporter des pistes sur d’autres films exploitables, sous l’appelation « film culte », apportant ici ma vision de natif français à des professeurs qui n’avaient pas forcément ces repères en tête. Néanmoins, beaucoup de ces professeurs étaient des français natifs et donc, je dus me concentrer avec eux sur une exploitation plus visuelle, puisqu’eux-mêmes avaient des références françaises en tête, qu’ils ont fait partager à leurs collégues allemands lors de mise en commun de connaissances. Le multimédia fut aussi présent lors de « cinéfête » puisque ces dossiers étaient accessibles sur l’internet à l’adresse http://www.kultur-frankreich.de, site officiel des instituts français basés en Allemagne.

Cette manifestation fut l’occasion d’intégrer à l’apprentissage des apprenants allemands un support vivant et attractif, en y ajoutant, par le concours, un facteur les motivant à participer à cette manifestation. Cette semaine de cinéma français à Brême fut donc une réussite puisque le directeur du kino 46 vit une grande affluence dans son établisement, l’IF put réaffirmer sa place dominante dans la paysage local et drainer vers lui des gens potentiellement interessés par l’apprentissage du français dans ses murs, et les professeurs de français du Land ont pu ajouter une activité de plus à leur programme annuel

« Europa Woche »

Cette manifestation brémoise s’est déroulé sur deux mois, Avril et Mai 2001, introduisant la notion européenne à l’intérieur même de la ville de Brême puisqu’elle se déroulait en grande partie dans les locaux de la mairie.

L’IF fut concerné particulièrement pendant une semaine, comme tous les autres instituts de langue de cette ville. La manifestation était ouverte, et même destinée, au grand public desireux d’avoir de plus amples informations sur l’enseignement des langues, sur ce qui se faisait déjà et ce qui allait se créer dans ce domaine. L’IF, à travers les professeurs FSZ et moi-même, fut mobilisé toute une semaine pour l’animation d’un stand d’information à l’intérieur de la grande halle de la mairie. Il y eut une collaboration effective entre tous les instituts, et plus particulièrement l’Institut Goethe et l’Institut Cervantes. L’animation de ce stand passait par la pose d’affiches attractives, de fascicules instructifs, une réponse claire et précise aux personnes interessées.

Le point culminant de cette manifestation pour l’IF fut la présentation au public des travaux réalisés en classe de français par les élèves dans les différentes classes primaires de Basse-Saxe participant à l’apprentissage précoce des langues, en collaboration avec l’institut, travaux que je dus récolter et mettre en valeur avec l’aide des différents professeurs. Cette animation ne se termina pas ici puisque les élèves vinrent animer la grande halle en chantant des chants traditionnels appris au cours de l’année, tel que « Frère Jacques » pour ne citer qu’un exemple très parlant.

Cette manifestation fut couronnée de succès, de par la proximité qu’elle avait désiré mettre avec les brémois. En effet la mairie se trouve au centre de la vieille ville et représente le c ?ur de cette ville fluviale.Aussi les gens ne dédaignèrent pas venir prendre quelques renseignements et assister au débat sur l’Europe qui furent proposés, en présence du maire de la ville, surtout lors de cette année 2001, dernière avant l’introduction de l’euro, facteur premier d’une véritable identité européenne.

le DELF

J’eus l’occasion lors de ce séjour hanséatique de pouvoir aussi exercer une fonction de représentation de l’Institut Français auprès d’un lycée de Bremerhaven, ville au statut particulier car étant considéré comme le port de Brême mais se trouvant à 60 kms de celle- ci et étant purement et simplement une enclave dans un autre Land.

Ma mission fut assez simple, et plutôt gratifiante puisqu’il s’agissait d’aller remettre des diplômes de DELF à des lycéens lors de leur fête annuelle. J’eus à ma disposition toute une salle de classe pour étaler les divers fascicules et affiches, ainsi que jeux, que l’IF m’avait confiés pour animer cette matinée. Ceci étant une opération « Portes Ouvertes » dans le lycée, les élèves pouvaient aller et venir à leur bon gré dans leur lycée, ils vinrent en nombre et je pus faire quelques activités au moyen de cartes de jeux essayant ainsi de créer un intérêt pour la langue à travers une activité ludique, point essentiel lors du début d’un apprentissage et plus encore lors d’une découverte d’une langue.

Enfin, je remis les diplômes de DELF à une quinzaine de lycéens, qui furent assez contents de pouvoir parler à un français natif, bien qu’ils furent tous allés au moins une fois en France. Je pus les informer de l’intérêt pour eux que pouvait représenter l’Institut Français en matière de matériels culturels et pédagogiques pour eux qui avaient déjà effectué la démarche de passer un diplôme de compétences en français. En même temps, je pus les encourager à continuer cette démarche et les encourager à passer plus tard le DALF.

CONCLUSION

Ce stage culturel fut pour moi l’occasion de réellement rentrer dans le monde du FLE avec ses contraintes, mais aussi ses plaisirs. La fait d’être réellement impliqué dans une action culturelle de cette envergure, « Cinéfête » étant un projet national, m’a amené à developper un sens des priorités dans la concrétisation d’un projet.

En observant travailler l’attachée culturelle, ainsi que la directrice de l’IF et les professeurs, j’ai pu aussi m’imprégner de l’atmosphère d’un travail en équipe avec ses accords et dissensions, voir qu’une idée que l’on pensait bonne au départ n’est pas forcément la plus adaptée au projet que l’on veut mener à bien. Les multitudes de partenaires d’un centre tel que celui de Breme m’étaient inconnus et je pus voir la volonté qu’il faut parfois déployer auprès de ceux-ci pour arriver à défendre les projets qui vous tiennent à c ?ur.

Ce fut donc pour moi une expérience enrichissante et empirique, passionante et ludique.


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