Bien qu’il y ait plus de 130 minorités ethniques en Birmanie (Myanmar) avec chacune leur langue, la langue officielle est le birman et regroupe environ 30 millions de locuteurs, sur 46 millions d’habitants.
Avec les langues chinoises, le birman et les autres langues birmanes composent la famille sino-tibétaine. Comme la plupart des langues sino-tibétaines, la langue birmane se caractérise par son monosyllabisme.
Le birman comprend une forme écrite et une forme orale, le birman oral appartenant à la famille tibéto-birmane.
Classification par famille
Langue sino-tibétaines
Langues tibéto-birmanes
Langues lolo-birmanes
Birman
La langue birmane est une langue isolante, c’est-à-dire dans laquelle les mots sont tous ou presque invariables et de genre neutre. Dès lors, on conçoit que les erreurs produites par les apprenants seront déterminées par cette particularité : absence d’accords en genre, difficulté à systématiser l’accord en nombre…
La langue birmane est également une langue agglutinante. C’est à dire dans laquelle le vocabulaire est un assemblage de mots basiques invariables qui constituent alors de nouveaux mots. La plupart du temps, chaque mot est formé d’une seule syllabe à laquelle on ajoute particules et suffixes.
L’ordre des mots est généralement celui des langues appelées langues SOV (Sujet / Objet / Verbe). Là encore, les erreurs courantes peuvent être aisément déterminées : le verbe sera souvent positionné à la fin de la proposition. Cette typologie particulière facilitera la compréhension de certains énoncés français employant l’ordre SOV, par exemple dans une phrase comportant un pronom complément d’objet.
Le pronom personnel sujet n’est utilisé que si nécessaire et ne change pas de forme lorsqu’il change de fonction dans la phrase. On aura donc des difficultés à enseigner l’usage des pronoms toniques, pronoms objets… A leur place, on remarquera que le locuteur birman utilisera quasiment systématiquement le pronom personnel sujet qu’il connaît. En birman, le verbe ne se conjugue pas. Le temps, le mode sont marqués par des auxiliaires et adverbes que l’on associe au verbe et qui permet d’exprimer un nombre considérable d’idées. L’apprenant birman débutant aura alors tendance à utiliser l’infinitif du verbe voire la forme indicatif présent lorsqu’il la maîtrisera. Il utilisera les marqueurs temporels pour traduire des notions passées ou futures.
Autres difficultés pour le locuteur birman qui apprend le français : en birman, les articles n’existent pas. Il n’existe donc aucun marqueur de genre. De plus, la marque du pluriel, même si elle existe n’est pas automatiquement employée : Par exemple, une phrase tout à fait identique en birman désignerait à la fois : J’ai un enfant. et J’ai des enfants.
Les erreurs de syntaxe courantes seront systématiquement liées à ces états de fait.
On trouvera :
des phrases dont l’ordre sera le plus souvent influencé par la typologie syntaxique birmane (VOS),
des phrases dont le verbe n’est pas conjugué et même parfois sans pronom personnel sujet,
des phrases sans articles et caractérisées également à l’écrit par l’absence des désinences marquant le nombre ou le genre féminin autant sur les groupes nominaux que sur les groupes verbaux.
Le birman s’écrit de gauche à droite et on ne sépare quasiment pas les mots. Il existe seulement deux signes de ponctuation, une barre ou deux barres. (qui équivalent aux virgules et aux points).
L’alphabet de la langue birmane tient son origine de l’alphabet Môn d’Inde du Sud. L’alphabet birman ne rassemble pas une liste de lettres mais plutôt un ensemble de signes représentant les différents phonèmes de la langue : système alphasyllabaire. Les lettres sont arrondies (tout comme celles d’autres alphabets indiens).
Une lettre de l’alphabet birman correspond à une syllabe. On peut y associer une cinquantaine de signes (au-dessus, en-dessous, à gauche ou à droite) qui correspondent à des voyelles ou à des tons. L’alphabet birman comprend 33 consonnes simples et 7 voyelles.
L’apprenant birman devra donc avant tout se familiariser avec l’alphabet latin moderne utilisé dans la langue française. Il lui faudra s’approprier les lettres de l’alphabet comme des signes représentant un seul phonème et non plus une syllabe (c’est-à-dire un assemblage de plusieurs phonèmes)…
A l’écrit, on retrouve les erreurs syntaxiques citées plus haut. On notera également quelques erreurs de typographies chez des apprenants débutants : pas ou peu d’espace entre les mots ; absence de majuscules ; ponctuation très sommaire (par exemple absence de point d’interrogation dans les phrases interrogatives).
Le birman est une langue tonale, c’est-à-dire qu’un changement de tonalité dans la prononciation d’une syllabe implique un changement de sens du mot.
Voici un certain nombre d’erreurs :
Le birman comprend la consonne affriquée post-alvéolaire voisée [ dʒ ] mais pas la fricative post-alvéolaire voisée [ ʒ ]. Les apprenants birmans auront donc tendance à prononcer « dj » des mots contenant le son [ ʒ ].
Le [ r ] (qui n’est plus que très peu utilisé) se prononce [ j ] comme une semi-consonne. Il sera ainsi difficile à faire prononcer.
Seront problématiques également toute une série de consonnes que l’on prononce parfois en birman avec une aspiration (consonnes sourdes) comme le [ s ], le [ t ], le [ p ], le [ k ] et le [ ʃ ].
La consonne labio-dentale [ v ] n’existant pas, elle sera plus probablement prononcée comme la semi-consonne [ w ].
Les 7 voyelles de l’alphabet birman pouvant être nasalisées, l’apprentissage de la prononciation des nasales ne sera sans doute pas problématique.
Les apprenants birmans n’auront probablement aucune difficulté à prononcer les voyelles a, e, é, è, ou car elles existent dans la prononciation birmane et se prononcent exactement comme en français. Il en va de même pour [ ʃ ] et [ t ʃ ].
NB : *Le [r] a quasiment disparu et il tend à se prononcer comme la semi-consonne [ j ]. **Le birman comprend la consonne affriquée post-alvéolaire voisée [ dʒ ] mais pas la fricative post-alvéolaire voisée [ ʒ ]. ***Le [ v ] aura tendance à être prononcé comme la semi-consonne [ w ]. ****Il existe quelques consonnes sourdes aspirées dont [ pʰ].

