La politique linguistique de la France en République Tchèque et en Slovaquie

mercredi 14 mai 2008 , par Anthony Joubier
 

Ce rapport présentera la politique linguistique et culturelle de la France en Europe centrale, en République Tchèque et en Slovaquie, notamment à travers mon expérience dans ces deux pays (Olomouc en République et Nitra en Slovaquie). Ces deux villes nous serviront de référence afin dégager des exemples concrets.

L’objectif de ce rapport est de comprendre les relations étroites entre la France et deux pays observateurs de la Francophonie, la République Tchèque et la Slovaquie.

Ce rapport s’articulera autour de trois points. Tout d’abord, il sera question de décrire le contexte dans son domaine géographique, social et linguistique, dans ces deux pays qui, il y a encore peu de temps, ne faisaient qu’un. Ensuite, il conviendra d’aborder la question de la politique linguistique française dans les lycées bilingues à travers l’exemple tchèque, avant de poursuivre en présentant le domaine culturel qui fait partie des missions des autorités officielles françaises en place dans ces deux pays.

I) La description du contexte

Le contexte dans lequel j’évolue est particulier du fait de la proximité historique que la République Tchèque et la Slovaquie eurent et ont conservé. Ainsi, je souhaite présenter à travers cette étude les liens étroits qui demeurent entre ces deux pays qui, il y a peu encore, ne faisaient qu’un, la Tchécoslovaquie et leur relation avec la France autour de la langue et de la culture française.

A) La situation linguistique et sociale d’Olomouc et de Nitra

Tout d’abord, il me semble intéressant de présenter Olomouc et Nitra, villes où j’ai vécu. Ces deux villes ont quelques points communs. En effet, ces deux villes sont des centres économique, éducatif, culturel, religieux et militaire dans leur région respective.

Olomouc est l’une des villes tchèques les plus importantes, avec 110 000 habitants, tout comme Nitra, en Slovaquie, avec ses 90 000 habitants. Olomouc est située à l’Est du pays tchèque, en Moravie, à environ 300 kilomètres de Prague, tandis que Nitra se situe à l’Ouest de la Slovaquie, à 90 kilomètres de Bratislava. Ces deux villes sont préfecture de la région qui porte leur nom.

Il convient de signaler que Nitra constitue la frontière linguistique Nord-Sud entre la population, au Sud, qui parle en majorité hongrois et celle qui parle slovaque dans le pays. Parmi les langues étrangères dominantes, il faut noter l’hégémonie de l’anglais. Mais, la langue française est en plein essor dans ces deux villes et dans les régions limitrophes. A Nitra et dans la partie occidentale slovaque, l’installation de multiples sociétés françaises, comme Peugeot à Trnava, à 50 kilomètres de Nitra, qui a recruté environ 3000 personnes, entraîne un engouement auprès de la population pour l’apprentissage du français, afin de trouver plus facilement du travail, car le taux de chômage dans la région avoisine les 17 %. Par ailleurs, les entreprises françaises recherchent de nombreux professeurs de français pour encourager leurs employés à communiquer en français. De ce fait, un accord a été signé entre Peugeot et l’Institut Français de Bratislava (IFB). De plus, une Alliance française s’est créée à Trnava, en septembre dernier, afin de mieux répondre à la demande qui n’est plus obligée de se rendre à Bratislava, à 40 kilomètres de Trnava, pour suivre les cours au sein de l’IFB. Cependant, d’autres sociétés, comme Air Liquide, ont fait le choix de communiquer en anglais. A Nitra, 4 lycées enseignent le français et l’un deux est centre d’examens pour le DELF scolaire. Un lecteur de français natif enseigne dans 2 lycées et moi-même j’enseigne aussi dans un lycée.

A Olomouc, en dehors de la section bilingue franco-tchèque du lycée slave, il existe aussi dans la ville un lycée international où les cours sont donnés en anglais.

Ces deux villes possèdent une économie basée surtout sur l’agriculture même si l’industrie, avec l’installation de plus en plus de sociétés internationales, change peu à peu la donne. Le taux de chômage dans ces régions est relativement élevé, supérieur à 15%.

Ainsi, Olomouc et Nitra sont des villes influentes dans leur région et accueillent de nombreuses sociétés internationales, parmi lesquelles des françaises, surtout en Slovaquie, ce qui entraîne un engouement pour l’apprentissage du français. Cependant, ces deux villes n’ont pas attendu l’arrivée de ces sociétés étrangères pour avoir une visée internationale. En effet, Nitra organise chaque année plusieurs salons internationaux comme la Foire agricole internationale ou le Salon international de l’automobile.

B) Les relations historiques et politiques entre la France et la Tchécoslovaquie

1- L’histoire de l’Institut Français de Prague

1920 : La fondation

Le premier Institut Français de Prague est inauguré en 1920 par Ernest Denis, cet historien français de la Bohême et ami des Tchèques, fondateur de l’Institut des Etudes Slaves à Paris mais surtout artisan déterminant de la création de la Tchécoslovaquie en 1918. Il succédait à une Alliance Française, présente à Prague dès 1886 et concrétisait une passion réciproque entre la France et la nouvelle Tchécoslovaquie.

1922 – 1938 : L’âge d’or

Dans l’entre-deux-guerres, l’Institut Français de Prague devient une véritable université avec sections littéraires, juridiques et scientifiques. Parmi ses professeurs les plus illustres figurent Hubert Beuve-Méry qui y enseigne le droit international, Vladémir Jankélévitch la philosophie. Installée depuis le 1er octobre 1930 au numéro 35 de la rue Štěpánská, cette "université en miniature" ne cesse d’accroître son rayonnement. En 1934, l’Institut compte une quinzaine de professeurs pour environ 500 élèves. Les cours gratuits de français accueillent 1000 auditeurs chaque soir de 19 heures à 21 heures. Forte de ses 10000 ouvrages, la bibliothèque ne cesse d’augmenter le nombre de prêts et de lecteurs. Au printemps 1935, André Breton, accompagné de Paul Eluard, y prononce une célèbre conférence évoquant les "séductions légendaires" de Prague.

1939 – 1951 : Les années sombres

Les accords de Munich, l’occupation allemande de Prague (jusque dans l’Institut), puis le coup de Prague interrompent net cet engouement. De la fin de l’année 1945 à 1948, le nombre d’étudiants régresse inexorablement et les conférences sont désertées. Dénoncé en 1949 comme centre d’espionnage, l’Institut doit fermer ses portes le 1er mai 1951. Il aura quand même accueilli à cette époque Sartre, Aragon et Elsa Triolet. Les portes ne feront dès lors que s’entrouvrir : en 1967 pour l’inauguration de la salle de lecture française, et en 1979, pour l’ouverture de cours de français pour adultes.

1989 : La renaissance

C’est avec la révolution de velours que l’Institut ouvre à nouveau officiellement ses portes. Dès 1990, il retrouve sa pleine vitalité. Le 9 décembre 1993, Václav Havel et François Mitterrand inaugurent ses nouveaux locaux… toujours au Štěpánská 35.

Depuis 1993, la République Tchèque et la Slovaquie sont deux entités indépendantes, même si une grande proximité demeure entre ces deux pays, dans différents domaines. La France entretient de bonnes relations avec ces deux pays et on verra que les Instituts Français de Prague et de Bratislava coopèrent régulièrement.

2- Les relations politiques entre la France et la Slovaquie

La France a été l’un des premiers pays à établir des relations diplomatiques avec la Slovaquie. Elle a ouvert un consulat général à Bratislava dès le 26 novembre 1992 et nommé un chargé d’affaires, puis un ambassadeur, dès l’accession de la Slovaquie à l’indépendance, le 1er janvier 1993. Le ministre français des Affaires étrangères a, par ailleurs, été le premier membre d’un gouvernement étranger à effectuer une visite en Slovaquie (12 janvier 1993). En 2003, le ministre slovaque des Affaires étrangères, M. Kukan, s’est rendu en visite en France le 23 juin. Les ministres slovaques de la Défense et des Transports ont pu rencontrer leurs homologues, Mme Alliot-Marie et M. Bussereau à l’occasion du salon du Bourget. Enfin, Mme Lenoir, ministre française déléguée aux Affaires européennes s’est rendue en visite à Bratislava les 23 et 24 octobre. En 2004, le vice-Premier ministre chargé de l’intégration européenne, des droits de l’homme et des minorités, M. Csaky, a effectué une visite en France le 18 février au cours de laquelle il s’est entretenu avec la ministre déléguée aux affaires européennes. Mme Alliot-Marie a effectué, le 18 mars, dans le cadre d’une conférence internationale consacrée aux nouveaux défis de l’Europe élargie, la première visite à Bratislava d’un ministre français de la Défense.

C) Le dispositif français de coopération en République Tchèque et en Slovaquie

1 - En République Tchèque

Après avoir dressé un rapide aperçu de l’Institut Français de Prague, nous aborderons en détail les missions du Centre français d’Olomouc.

- L’Institut Français de Prague

L’Institut, comme les 153 centres culturels français à l’étranger exerce deux grandes missions : - Diffuser la langue et la culture française dans toute sa diversité et sa modernité ; - Servir, dans un esprit de coopération, la culture et les acteurs du pays d’accueil. A Prague et en République Tchèque, ces missions se déclinent au travers de trois grands domaines d’interventions où l’Institut agit à la fois comme centre de ressources, comme plate-forme d’animations culturelles, comme centre de vie et de rencontres culturelles. Un Centre d’Enseignement du Français est ouvert à tous : étudiants, particuliers, personnels des entreprises et des administrations. En 2006, ses 35 professeurs ont dispensé plus de 200000 heures de cours à 3500 personnes.

Par ailleurs, la coopération peut s’appuyer sur un réseau de cinq Alliances françaises réparties dans les grandes villes du pays.

- Le Centre français d’Olomouc

Le Centre français d’Olomouc est un centre de coopération. En 1991, le service de coopération linguistique et éducative de l’Ambassade de France en République Tchèque et l’Université Palacky d’Olomouc, en Moravie, se sont engagés dans un projet de coopération pour l’enseignement et la diffusion du français auprès du public. Ainsi, a été créé, au sein de la faculté des lettres de l’Université Palacky, le Centre régional de coopération linguistique et éducative en Moravie du Nord, devenu, en 2002, le Centre français.

Le Centre français possède des activités diverses. La coopération culturelle sera abordée plus tard. Tout d’abord, il organise des stages pédagogiques à destination des professeurs de français du secondaire des régions d’Olomouc, d’Ostrava et de Zlin dans le cadre de la formation continue proposée par le service linguistique et éducatif de l’Ambassade de France à Prague. Il s’occupe aussi de la formation en langue française de fonctionnaires tchèques. Ensuite, il organise les sessions d’examens des certifications de français DELF, DALF et DELF scolaire, en coopération avec l’école d’Etat des langues d’Olomouc et le SCAC. Il sert aussi de relais à l’Ambassade de France dans des domaines comme les bourses du gouvernement français ou du point de vue de la culture. Puis, il suit l’évolution des échanges scolaires et universitaires et des programmes multilatéraux. Enfin, le Centre français possède une fonction relationnelle importante. Il entretient des relations étroites avec tous les établissements d’enseignement supérieur de la région, quelle que soit leur spécialité, ainsi qu’avec les entreprises qui entretiennent ou souhaitent entretenir des relations privilégiées avec la France. Il appuie, encore, constamment le bon déroulement des relations internationales entretenues par Olomouc (ville et Université) avec des partenaires français (le CNED par exemple). Nous reparlerons, donc, dans une autre partie des activités culturelles du Centre français et notamment de l’organisation de la quinzaine culturelle française Rendez-vous à Olomouc avec l’Université Palacky et l’Institut Français de Prague, qui se tient traditionnellement, chaque année, en mars.

2 - En Slovaquie

- L’Institut Français de Bratislava

Nous étudierons la coopération culturelle, scientifique et technique de l’Institut Français de Bratislava.

a) La promotion de la langue et de la culture françaises

Elle s’appuie principalement sur l’Institut Français de Bratislava et sur 3 Alliances françaises. La diffusion du français progresse et se diversifie. En effet, il y a 4 sections bilingues au lycée (3 depuis 1991, la 4ème ouverte à Trencin en 1999), 3 filières universitaires bilingues (économie, gestion, droit). On peut noter aussi un renforcement du français dans l’enseignement général (près de 10 % des élèves, niveau nettement supérieur à tous les autres pays de la région), même si la langue française reste devancée par l’allemand (37%) et l’anglais (34%).

L’Institut Français de Bratislava met l’accent sur le soutien à l’ouverture de nouvelles sections bilingues dans l’enseignement secondaire et de filières partiellement francophones dans les universités. Il s’appuie également sur l’offre de formation universitaire, la France étant la deuxième destination des étudiants slovaques. Elle vise, par ailleurs, à améliorer la connaissance du français par les fonctionnaires slovaques en charge de l’intégration européenne et des relations bilatérales avec la France. Le renforcement de la présence économique française, avec l’implantation d’une usine de fabrication de Peugeot a créé un contexte favorable à l’apprentissage du français en Slovaquie. L’ouverture à la rentrée 2003, à Bratislava, d’une école française comprenant deux sections (maternelle et élémentaire), en est d’ores et déjà un signe. Depuis la rentrée 2006, un collège français a également ouvert ces portes.

Enfin, la Slovaquie, devenue observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie lors du Sommet de Beyrouth en 2002, comme son homologue tchèque, souhaite conforter la diversité culturelle par l’adoption d’une convention dans le cadre de l’Unesco.

b) La coopération technique

Les priorités affichées de la coopération technique françaises sont les suivantes :

- Soutien à l’intégration de la Slovaquie dans l’Union européenne, notamment par un appui aux capacités administratives slovaques (formation de fonctionnaires). Cette priorité s’inscrit dans la continuité de l’engagement de la France dans les jumelages institutionnels PHARE : sur la période 1998-2003, la France a remporté 16 des 62 jumelages mis en œuvre par la Slovaquie, ce qui la place au deuxième rang après l’Allemagne, avec une expertise fortement ancrée dans quelques secteurs clés (JAI, cohésion économique et sociale, finances publiques, développement régional, modernisation et décentralisation de l’administration) ;
- Formation d’élites francophones et francophiles ;
- Offre de formations supérieures en France, grâce à un important programme de bourses et au développement de la promotion de l’enseignement supérieur français ;
- Amélioration de la situation du français dans le second degré, l’enseignement supérieur et la recherche, notamment par la création de filières universitaires partiellement francophones, la mise en place de projets de formations techniques supérieures et la mise en œuvre d’un programme d’actions intégrées ;
- Développement de la coopération décentralisée et appui à la déconcentration de certains services de l’Etat.

Ainsi, on peut constater que l’histoire de ces deux pays est liée et que la France a entretenu tout au long du siècle précédent des relations proches avec ces deux nations. La langue française connaît ces derniers mois un certain essor, notamment grâce à l’implantation de nombreuses sociétés françaises.

II) La politique linguistique française à travers l’exemple des lycées bilingues

A) Une présentation générale des sections bilingues en Tchéquie et en Slovaquie

- L’état des lieux

Les sections bilingues franco-tchèques et franco-slovaques ont été créées dans les années 1990 et 1991, à la demande du ministère tchèque de l’Éducation. Ces classes bilingues, en République Tchèque, ont été ouvertes dans des lycées réputés de Prague, Brno, Olomouc et Tabor. En Slovaquie, Il existe actuellement 4 sections bilingues contre 12 sections bilingues anglaises, 7 espagnoles et 6 allemandes en Slovaquie. Ces sections bilingues sont installées à Trencin, Bratislava, Banska Bystica et Kosice. Les élèves sont recrutés sur concours. Celui-ci comprend une épreuve de mathématiques, de tchèque et des tests psychologiques. La connaissance du français n’est pas exigée pour s’y présenter. Le cursus des sections bilingues est de six années (contre quatre pour le cursus tchèque). Les élèves sont recrutés après la classe de 7e de l’enseignement fondamental (fin de 5e française). Pendant les deux premières années, ils terminent leur scolarité obligatoire (9 ans) et apprennent le français à raison de neuf heures par semaine. Les quatre années suivantes, les mathématiques, la physique, la chimie, l’histoire et la géographie sont enseignées en français, sans oublier le français comme discipline qui devient progressivement langue seconde. En fin de cursus, onze heures par semaine sont réservées à des séminaires optionnels qui complètent les acquis des élèves en fonction des concours d’admission dans les établissements supérieurs tchèques. L’enseignement dans ces sections bilingues exige des professeurs un très fort investissement. Un travail d’équipe est indispensable au sein de chacune des sections et entre celles-ci. Une cellule de coordination veille au respect des programmes afin que les élèves des quatre sections présentent un niveau homogène et satisfassent aux exigences de l’examen final. C’est pourquoi, chaque année, tous les élèves sont soumis à des tests identiques, dans les différentes matières enseignées en français. Les sections bilingues en République Tchèque fonctionnent en binôme avec les sections similaires slovaques. Ainsi, des séminaires ont lieu régulièrement pour permettre aux enseignants des deux pays de se rencontrer car les épreuves du baccalauréat sont identiques. Les corrections rassemblent les professeurs des deux pays par matière. Elles peuvent avoir lieu dans l’un des deux pays.

- Les objectifs

Les lycées bilingues franco–tchèques ne proposent pas de formation purement linguistique, mais une formation à dominante scientifique, doublée d’un excellent niveau en langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral. L’originalité de cette formation réside en une double approche pédagogique, "une tradition tchèque" privilégiant les apprentissages encyclopédiques et une approche française développant les stratégies d’argumentation. On peut aussi qualifier cet enseignement de biculturel.

- L’examen de fin d’études

La maturita bilingue est, donc, identique dans les quatre sections tchèques et sanctionne les mêmes études pour chaque niveau dans les disciplines enseignées en français. Cet examen concilie deux traditions : - la tradition française évalue principalement le raisonnement à l’écrit et reste anonyme pour toutes les disciplines enseignées en français ; - la tradition tchèque évalue à l’oral quelques disciplines au choix de l’élève. On y privilégie le savoir encyclopédique. À l’issue de la 5ème année d’études, les élèves passent les épreuves anticipées de tchèque et de français, écrites et orales. En 6ème année, tous les élèves passent une épreuve écrite en mathématiques et deux autres épreuves écrites qu’ils choisissent entre l’histoire, la géographie, la physique et la chimie. Toutes ces épreuves sont rédigées en français. Les candidats sont aussi examinés à l’oral dans deux matières, dans la langue de leur choix. Le certificat de la maturita (baccalauréat) bilingue comporte 7 notes (4 pour la maturita tchèque).

- Les perspectives pour les élèves

Il s’agit d’une formation exigeante, d’un enseignement d’excellence et les résultats sont à la hauteur des objectifs. 95 % des élèves des sections bilingues qui souhaitent poursuivre des études supérieures réussissent aux examens d’entrée obligatoires dans les établissements d’enseignement supérieur tchèques (la moyenne nationale est de 50 %). Leur choix se porte plus particulièrement sur le droit, l’économie, le commerce, les sciences politiques, la médecine et les lettres. Ceci confirme le bien-fondé de la conception du cursus bilingue franco-tchèque qui tend à former des jeunes aptes à devenir des spécialistes francophones dans les domaines les plus divers. L’existence de filières francophones dans six universités du pays, dont une à Olomouc, offre à ces jeunes bacheliers la possibilité de poursuivre dans l’enseignement supérieur leur parcours d’excellence dans les domaines de la gestion, de l’économie, du droit, de l’administration publique et des sciences sociales (études européennes). Les six filières rassemblent 220 étudiants tchèques par an, dont une petite centaine se voit chaque année attribuer un diplôme universitaire français, en complément du diplôme tchèque de "Magister" (le Master). Les 1200 anciens élèves des sections bilingues ont créé l’association BILINGUA. Dans leur pays intégré à l’Union européenne, ils sont des partenaires précieux de la France et à l’issue de leurs études supérieures, ils sont amenés à occuper des postes à responsabilités au niveau national, tant dans l’administration que dans les entreprises.

B) Les acteurs

Les enseignants de la section bilingue enseignent en général deux matières, sauf les professeurs de français. Les professeurs tchèques peuvent suivre une formation linguistique et pédagogique à l’Institut Français de Prague ou dans une Alliance française. Ensuite, ils peuvent poursuivre avec un stage d’été de perfectionnement de trois semaines en France.

Il existe encore d’autres formations pour accompagner l’enseignant tchèque avant qu’il ne commence à enseigner sa discipline en français. En effet, il peut bénéficier d’une formation initiale à l’enseignement de sa discipline en français au CIEP ou au CLA de Besançon durant un minimum de six semaines, suivi d’une formation complémentaire grâce à un stage en "pratique accompagnée" dans un lycée partenaire en France. Il peut enfin recevoir une formation en FLE sur objectifs spécifiques.

En République Tchèque, et en Slovaquie, les enseignants ne sont pas fonctionnaires. Ils sont recrutés par le chef d’établissement. Ils obtiennent des décharges horaires et travaillent dans de bonnes conditions avec l’assurance de profiter régulièrement de stages de formation sur place, au Centre français d’Olomouc, pour les enseignants du lycée bilingue d’Olomouc, ou à l’Institut français de Prague, et en France. Dans chaque lycée bilingue, il y a deux professeurs de nationalité française, en général titulaires de l’Education nationale, et un lecteur. Les enseignants français sont aussi coordinateurs de leur discipline dans leur établissement et pour les quatre sections bilingues en République Tchèque, mais aussi de la coordination avec la Slovaquie. Ils participent également à la formation des collègues tchèques, à la réalisation des sujets d’examen, à l’organisation des bacs blancs et ils sont responsables des ateliers de correction de la maturita (baccalauréat en tchèque). En général, les Français restent en poste trois ou quatre ans. Chaque lycée bilingue emploie également un lecteur natif chargé de l’enseignement intensif du FLE ou du suivi de certaines disciplines. Un lecteur reste normalement, deux ou trois ans en poste. Les missions de lectorat sont assez brèves car les Attachés de coopération pour le français considèrent le lectorat comme une première expérience dans le domaine de l’enseignement.

A Olomouc, il y a quatre enseignants tchèques de français, deux professeurs de Physique-Chimie, un professeur d’Histoire-Géographie et un de mathématiques. Il y a un professeur français qui enseigne le français et un autre qui enseigne l’Histoire-Géographie et qui est aussi le coordinateur en République Tchèque de l’Histoire-Géographie. Quant à moi j’ai occupé le poste de lecteur à la section bilingue d’Olomouc pendant deux ans. A la rentrée 2003, la section bilingue comportait 228 élèves répartis en 8 classes. Il y avait une classe de 1e année, de 2e année, de 3e année, de 4e année et deux classes de 5e année, qui préparait les épreuves baccalauréat de français et de tchèque, et de 6e année, qui préparaient le baccalauréat bilingue, présenté plus haut.

C) Les accords

Je propose de compléter cette approche en citant les articles 9 et 10 du programme de coopération bilatérale franco-tchèque en matière d’éducation pour la période 2004-2006, concernant les lycées bilingues.

Les articles 9 et 10 du nouveau programme de coopération bilatérale franco-tchèque en matière d’éducation pour la période 2004-2006, concernant les lycées bilingues :

Article 9

1. La partie tchèque veillera à soutenir les classes des lycées tchèques de Prague, Brno, Olomouc et Tabor qui dispensent en langue française jusqu’à la maturita bilingue, outre l’enseignement de la langue et de la littérature françaises, l’enseignement des mathématiques, de la physique, de la chimie, de l’histoire et de la géographie.

2. La partie tchèque s’emploiera à faciliter les conditions de séjour des enseignants recrutés et proposés par la partie française. Ces derniers seront chargés d’horaires d’enseignement ainsi que de la formation pédagogique des enseignants tchèques francophones affectés dans ces sections. La partie française apportera son soutien pédagogique aux établissements mentionnés dans le paragraphe 1.

3. Les deux parties reconnaissent l’importance de ces sections et se déclarent disposées à soutenir la formation initiale et continue des enseignants tchèques de toutes les disciplines enseignées en français.

4. La partie tchèque reconnaîtra l’épreuve de français de la maturita bilingue obtenue par les élèves tchèques des lycées mentionnés dans le paragraphe 1 comme une équivalence du niveau 3 de compétence linguistique du français figurant dans la liste des épreuves de langue du Ministère de l´Education, de la Jeunesse et des Sports de la République tchèque, relative à la qualification linguistique des fonctionnaires dans l’administration de la République tchèque.

5. La partie tchèque prendra en compte la spécificité des sections bilingues et des besoins pédagogiques et financiers nécessaires à leur développement.

6. Les deux parties se félicitent de la qualité des résultats obtenus par les sections bilingues depuis leur mise en place, dus notamment à l’excellence du dispositif des certifications, et souhaite en conséquence que la maturita bilingue soit maintenue dans sa forme et son contenu spécifique actuel.

Article 10

1. La partie tchèque garantit le suivi pédagogique de l’enseignement des disciplines qui sont enseignées en français et la formation continue des enseignants tchèques effectuée en République tchèque et en République française.

2. La partie française délivrera, jusqu´en 2004, aux élèves titulaires du diplôme final des sections bilingues francophones mentionnées à l’article 9 une attestation de compétence linguistique qui leur permettra d’accéder à l’enseignement supérieur français, dès lors que ces élèves auront eu accès à une université en République tchèque. En Slovaquie, un accord est envisagé entre le Ministère slovaque de l’Education et l’Ambassade de France concernant les épreuves de français du baccalauréat pour les apprenants non inscrits dans des lycées bilingues. Les élèves ont la possibilité de choisir la langue française pour le baccalauréat. Deux niveaux de difficultés existent, dont le niveau A correspond au niveau B2 du Cadre européen commun de référence pour les langues. Le Ministère slovaque de l’Education envisage de supprimer les épreuves de français du baccalauréat pour les remplacer par le DELF B2. Le français est aussi enseigné dans de nombreux établissements, dont 16 au niveau national préparent leurs élèves aux épreuves du DELF scolaire et organisent des sessions d’examens, suite à un accord de partenariat entre l’Ambassade de France et ces établissements.

D) Une méthodologie particulière : Utiliser l’informatique

Les différentes autorités, comme l’Institut Français de Prague (IFP) et le ministère slovaque de l’Education nationale, encouragent l’utilisation des outils informatiques à l’école dans le but de développer des stratégies d’apprentissage et une autonomisation des élèves.

Ainsi, l’IFP a organisé, au cours de l’année scolaire 2003-2004, des stages de formation pour l’ensemble des professeurs des sections bilingues. Un premier stage regroupait des professeurs volontaires de différentes matières. Ensuite, un autre stage était prévu et qui devait regrouper les professeurs par matière. Ces formations avaient comme objectif de former les professeurs des lycées bilingues afin d’enrichir leurs méthodes pédagogiques. Pour faciliter le travail des professeurs, l’Institut a donc financé l’achat, pour chaque section bilingue franco-tchèque, de CD-Roms pour le Français, l’Histoire, les Mathématiques et les Sciences Physiques. Quant au ministère tchèque de l’Education nationale, il a acheté des ordinateurs pour les différentes sections qui en avaient besoin. Ainsi, la section bilingue d’Olomouc bénéficia de cette politique et put constituer la salle multimédia qui lui faisait défaut.

Cependant, je ne peux pas dresser de bilan définitif sur cette action du fait de mon départ pour la Slovaquie.

En Slovaquie, des chercheurs et le ministère slovaque de l’Education nationale partagent l’opinion qu’il faut développer l’utilisation de l’informatique avec les mêmes objectifs.

Ainsi, Eva Svarbova affirme que, devant l’ordinateur, l’apprenant est actif. Elle ajoute que l’objectif de l’enseignant qui utilise l’informatique est de rendre l’apprenant plus autonome ainsi que plus responsable dans le processus de l’apprentissage. Selon elle, l’enseignant devient guide, facilitateur et l’interactivité permet l’individualisation du travail. De plus, "l’autoévaluation permet à l’apprenant d’améliorer son niveau en recommençant les exercices autant de fois qu’il le veut. Du point de vue psychologique, c’est un moment important car chaque apprenant (…) arrive aux solutions, donc il connaît le succès comme une très forte motivation".

Dans ce compte-rendu de recherche, Svarbova présente les atouts des multimédias dans l’enseignement/apprentissage au travers la comparaison entre deux groupes d’apprenants, l’un ayant suivi un enseignement FLE traditionnel et l’autre (groupe test) un enseignement FLE avec l’aide de l’informatique en vue de l’acquisition de la grammaire. L’objectif était d’augmenter la motivation et d’automatiser des habitudes dans l’appropriation des faits grammaticaux. Il s’est avéré que le groupe test a obtenu de meilleurs résultats.

Ainsi, elle suggère d’élaborer une stratégie éducative à l’aide du multimédia en tenant compte des spécificités de l’apprenant et de systématiser le travail avec l’ordinateur qui développe l’autonomie en le combinant à l’enseignement traditionnel.

En conclusion, elle dresse un bilan sur l’utilisation de l’informatique dans l’apprentissage du FLE dans la région de Nitra, en Slovaquie, dans le cadre scolaire. Svarbova constate que les enseignants de langues n’ont pas accès, pendant les cours, aux salles multimédia dans les écoles, quand il y en a, car la priorité est donnée à l’informatique. Ensuite, il existe un problème financier pour acheter des ordinateurs ou des logiciels même si elle voit une récente amélioration grâce au projet Infovek. Ce projet est un programme du ministère de l’Education slovaque qui consiste à promouvoir le développement de l’informatique dans l’ensemble des écoles secondaires publiques, en finançant l’achat d’ordinateurs. Enfin, les enseignants, selon cet auteur, principalement de FLE, n’ont pas reçu de formation pour l’utilisation des multimédias dans le cours alors qu’ils sont majoritairement ouverts à une formation tout en soulignant le manque de temps.

III) Le domaine culturel

A) La politique culturelle des autorités françaises en Tchéquie et en Slovaquie

- L’Institut Français de Prague

Nous avons vu plus haut que l’Institut Français de Prague (IFP) dispose d’un centre d’enseignement du français ouvert à tous. Mais, l’IFP a aussi une autre fonction, celle de diffuser la culture française.

Ainsi, il existe en son sein une bibliothèque-médiathèque. Comptant plus de 11500 inscrits, elle constitue un vrai lieu de diffusion de la pensée française contemporaine. Sa fréquentation actuelle s’inscrit dans une longue tradition puisqu’elle fut durant les "années noires" du communisme un havre pour nombre d’intellectuels tchèques notamment Milan Kundera et Vaclav Havel. En 2004, un grand projet de rénovation a accru et modernisé la qualité de ses prestations.

De plus, l’IFP est une plate-forme d’animations culturelles. Intervenant sur l’ensemble des disciplines artistiques et culturelles (musiques, danse, théâtre, arts plastiques, littérature, cinéma...), l’Institut entend affirmer la présence en République tchèque de la création et de la pensée françaises contemporaines.

En 2006, ce sont plus de 90 événements qui ont été proposés en partenariat avec les grandes manifestations, les festivals, les institutions et les principaux lieux culturels tchèques, comme le Printemps de Prague, le Rudolfinum et le Narodni Divadlo (le théâtre national). Parmi eux, on peut préciser par exemple le festival " Video Danse", mené en collaboration avec le Centre Pompidou, dans le cadre du festival de danse "Tanec Praha" ou "Euroconnection" à l’Akropolis, une célèbre salle de spectacles de Prague.

Rendez-vous très fréquenté de la vie culturelle praguoise, l’Institut offre in situ de multiples occasions de rencontres et d’activités culturelles :

- Son cinéma accueille plus de 12000 spectateurs par an en diffusant plus de 120 films dont 60% sont sortis en France depuis moins de 3 ans.
- Sa galerie a reçu en 2005 plus de 4000 visiteurs (dont 1300 pour l’exposition consacrée à des œuvres inédites de Jiri Kolar) en proposant cinq à six expositions par an - photos, design, estampes...
- Les conférences-débats comme celles du cycle "Intelligence du Monde" consacré à de grandes questions du monde contemporain et les cafés littéraires intitulés "60 minutes au Café français" qui ont su s’attirer, en général, un public nombreux accentuent l’attractivité de l’Institut. Une librairie française et un café complètent cette vocation de l’IFP à être un lieu ouvert et convivial.

- L’Institut Français de Bratislava

L’Institut Français de Bratislava (IFB), comme celui de Prague, a une mission d’enseignement de la langue française et aussi une mission culturelle. Ainsi, l’IFB organise de multiples manifestions culturelles et soutient divers projets. Ces manifestations sont variées. Ainsi, chaque année, depuis 9 ans, l’IFB organise, avec un cinéma de Bratislava, le festival international du film francophone. L’IFB soutient aussi des projets culturels, comme des ateliers de danse. L’IFB a également soutenu le projet de traduction des aventures de Tintin, pour la première fois, en slovaque. La traduction de l’album intitulé Le Sceptre d’Ottokar, a été réalisée par des étudiants de la Faculté de pédagogie de l’Université Comenius de Bratislava. En février 2007, l’un des albums des aventures de Titeuf, intitulé Le derrière des choses, traduit par des étudiants de 5e année de l’Université de Nitra, a été publié par la maison d’édition Enigma, implantée à Nitra, avec le soutien de l’IFB. Enigma est une maison d’édition qui édite de nombreux ouvrages en langue française, dont un manuel de préparation au baccalauréat de français, conçu par un professeur de l’Université de Nitra, une enseignante du secondaire qui enseigne le français dans un lycée de Nitra, un membre de l’IFB, qui collabore à la conception des sujets du baccalauréat de français en Slovaquie, et la fille de l’éditeur Enigma, francophone et qui enseigne l’anglais à l’Université de Nitra.

L’IFB dispose, aussi, de ces propres structures pour diffuser la culture française. En effet, une bibliothèque-médiathèque, qui s’enrichit régulièrement de nouveaux documents, est présente dans les locaux de l’IFB. Depuis cette année, un club "Les Amis de la Médiathèque" a vu le jour. Il organise, le premier lundi de chaque mois, des rencontres afin de débattre entre francophones sur différents points. Enfin, des expositions ont lieu régulièrement puisque l’Institut dispose aussi d’une galerie.

On peut citer aussi l’organisation de concours de la chanson française. Depuis quelques années, en République Tchèque et en Slovaquie, la population peut voir de nombreuses émissions de télé-réalité, et notamment un programme musical où le public doit voter pour la Superstar. Le concept est similaire à La Nouvelle Star française. En Slovaquie, cette année, c’est la troisième édition. De ce fait, les personnes sont intéressées par les programmes musicaux. L’Institut Français de Bratislava a, ainsi, organisé, en 2003 et en 2004, un concours de la chanson française. Les objectifs étaient de faire connaître la chanson française et francophone afin de "concurrencer" la culture anglo-saxonne omniprésente en Slovaquie et enfin de promouvoir la France (la culture, la chanson, le tourisme, les entreprises et les autorités françaises en Slovaquie). Dans ces programmes de télé-réalité en Slovaquie, les candidats chantent uniquement en slovaque et... en anglais.

Ces deux éditions avaient rencontré un fort succès auprès du public, mais l’IFB a jugé que les bénéfices de ces opérations n’étaient pas suffisants vus les moyens mis en place. Le problème n’était pas uniquement financier. L’objectif de ces manifestations était de profiter de ces occasions pour promouvoir la chanson française et d’encourager les radios slovaques à diffuser plus de chansons françaises et francophones. L’IFB voulait promouvoir l’exception culturelle française. Mais, il s’est avéré que de nombreux candidats n’étaient pas francophones et que les radios n’ont pas diffusé après cela plus de programmes en langue française. Ainsi, il fut convenu d’axer la promotion de la culture française sur d’autres projets. Mais, l’IFB soutient tout projet et toute initiative.

- Les Alliances françaises

En République Tchèque et en Slovaquie, la vie culturelle française est aussi diffusée par les Alliances françaises. Chacune organise de nombreuses manifestations culturelles, et notamment, dans le cadre "des journées culturelles françaises"(cinéma, théâtre, concert, exposition,…) qu’elles organisent annuellement pendant une ou deux semaines.

- Le Centre français d’Olomouc

Le Centre français d’Olomouc possède lui aussi une mission culturelle. Il est comme on l’a vu, plus haut, l’antenne régionale de l’Institut Français de Prague, dans l’Est du pays.

Le cinéma est la principale activité du Centre français pour promouvoir la culture française à Olomouc au cours de l’année, en dehors de "Rendez-vous d’Olomouc, les journées culturelles françaises d’Olomouc.

Le Centre français organise régulièrement des projections de films français en version originale, sous-titrés en tchèque, en coopération avec l’un des cinémas de la ville d’Olomouc, Metropol.

En collaboration avec le département de français de l’Université, le Centre français organise, aussi, régulièrement des projections de films français en version originale, sous-titrés en tchèque ou en anglais, dans la salle de cinéma du Konvikt (Centre des arts de l’Université Palacky) en collaboration avec l’agence de diffusion des films, Pastiche film. Enfin, tous les lundi, à partir de 19 heures, il diffuse dans sa salle vidéo un film en français, en rapport avec les thèmes abordés lors des cours de civilisation française et francophone donnés à l’Université.

Par ailleurs, le Centre français organise, en mars, une quinzaine culturelle française, intitulée Rendez-vous d’Olomouc, avec l’IFP et l’Université Palacky d’Olomouc.

B) Les partenaires

Les partenaires sont divers. Il y a les institutions officielles, les associations, les organismes culturels et les sponsors. A Olomouc, le Centre français d’Olomouc collabore, parmi les institutions officielles, avec les Instituts Français de Prague et de Bratislava, la mairie d’Olomouc et l’Université Palacky d’Olomouc. En ce qui concerne les organismes culturels, le Centre français a collaboré avec le cinéma Metropol d’Olomouc, avec des galeries d’exposition, avec le théâtre municipal et avec différentes salles de concert. Les principaux sponsors sont en général des sociétés françaises installées dans le pays concerné. Ainsi, en 2004, les principaux sponsors des Rendez-vous d’Olomouc étaient le groupe Nestlé, Vivendi environnement, Ricard ou encore Moteurs Leroy-Somer. Toutes ces entreprises françaises sont implantées dans la région d’Olomouc.

C) Les lecteurs

On l’a vu, l’une des missions des Instituts Français est de promouvoir la culture française à l’étranger. L’Institut Français de Prague s’appuie sur le réseau des lecteurs dans l’ensemble du pays pour organiser les festivals culturels français. Par ailleurs, l’IFP pense aussi que la participation des lecteurs leur permet de prendre de l’expérience dans le cadre de leur formation en FLE. Ainsi, les Instituts Français pensent qu’être lecteur est, d’une certaine façon, une manière d’acquérir de l’expérience dans le domaine du FLE (enseignement et culture).

Conclusion

En conclusion, il s’avère bien qu’en matière d’enseignement, les Alliances françaises, les Universités ou les lycées bilingues ont toute leur place dans la politique linguistique française en République Tchèque et en Slovaquie. L’Institut Français de Prague et celui de Bratislava s’investissent et investissent beaucoup, notamment en République Tchèque, comme le prouve les articles 9 et 10 du programme de coopération bilatérale franco-tchèque en matière d’éducation pour la période 2004-2006, concernant les lycées bilingues, les stages de formation accessibles pour les professeurs tchèques ou encore l’encouragement à utiliser l’informatique dans l’enseignement. Cet investissement est d’autant plus important que les langues anglaise et allemande concurrencent le français.

De ce fait, ces établissements ont également comme mission de former de futurs partenaires précieux de la France car à l’issue de leurs études supérieures, des anciens élèves de ces établissements sont amenés à occuper des postes à responsabilités au niveau national, tant dans l’administration que dans les entreprises, et par conséquent, si ces derniers parlent le français, cela pourra être un atout important pour la France.

Dans un dernier point, il convient de revenir sur le devenir de la langue française dans ces deux pays. La langue française semble avoir un bel avenir du fait de l’implantation des entreprises françaises qui délocalisent, en Europe centrale, pour rechercher une main d’œuvre de qualité et à coût réduit. Cependant, la concurrence est rude avec la langue anglaise, par exemple, du fait de l’omniprésence de la culture anglo-saxonne, suivie de près par l’allemand. Ainsi, la France doit constamment investir afin de se maintenir à un rang honorable sur le plan linguistique et culturel. Mais le problème est la baisse régulière des budgets comme le prouvent la recherche des sponsors pour boucler le budget des Rendez-vous d’Olomouc ou l’abandon de l’organisation du concours de la chanson française jugé pas assez rentable sur le plan des retombées au regard des moyens mis en place.

Anthony JOUBIER


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