La communication dans une classe d’immersion française aux USA

1 - Une école d’immersion française comme lieu de stage
mardi 3 octobre 2006 , par Stéphane Morel
 

Remerciements :

En premier lieu, je remercie les responsables du stage Mme N. et Mlle T. pour m’avoir permis d’acquérir une expérience professionnelle au sein de l’école d’immersion française de Normandale.

Je tiens à remercier tout particulièrement Mme P. non seulement pour ses précieux conseils tout au long de mon stage, mais également, et surtout, pour m’avoir témoigné sa confiance et m’avoir délégué un certain nombre de responsabilités.
Mes remerciements s’adressent aussi à l’ensemble de l’équipe enseignante de Première Année : Mme R., Mme N. et Mlle R., ainsi qu’aux autres stagiaires de Première Année.

Je remercie les responsables du stage de Télé 3 pour toutes leurs réponses et leurs conseils. De la même manière, j’adresse mes remerciements à Mme Im, Mme Legleut et Mme Minet pour leur disponibilité.

Enfin, une pensée pour tous les étudiantes et étudiants inscrits en Maîtrise de FLE à Télé 3 en 2004-2005 pour leur soutien les réponses qu’ils ont apportées à mes questions.

Avertissement :

Le terme « anglais » refera à « anglais américain ».

Afin de respecter l’anonymat du personnel enseignant, mais également des élèves, je ne mentionnerai que la première lettre de leur nom de famille et celle de leur prénom le cas échéant.

Ayant effectué mon stage dans un système éducatif différent du système français, une équivalence des systèmes au niveau de l’enseignement primaire doit être proposée pour permettre au lecteur une meilleure compréhension. Avec à gauche les appellations américaines et à droite les appellations françaises :
La maternelle = Grande section de maternelle
Première année = Cours préparatoire
Deuxième année = Cours élémentaire 1
Troisième année = Cours élémentaire 2
Quatrième année = Cours moyen 1
Cinquième année = Cours moyen 2

Les divers exemples mentionnés dans ce rapport de stage le seront tel qu’ils se sont produits et donc ne seront pas toujours grammaticalement corrects. Par conséquent, afin d’alléger le texte, ces exemples ne seront volontairement pas précédés de *.


Table des matières

Introduction

1 - Une école d’immersion française comme lieu de stage

1.1 - Le lieu de stage
1.1.1 - L’école de Normandale
1.1.2 - Le fonctionnement de Normandale en 2004-2005

1.2 - Le stage lui-même
1.2.1 - Pourquoi ce stage ?
1.2.2 - Processus d’obtention du stage

1.3 - Être stagiaire à Normandale
1.3.1 - Professeur assistant dans la classe de Mme P.
1.3.1.1 – Les activités d’enseignement
1.3.1.2 – Les autres activités
1.3.2 - Des activités complémentaires
1.3.2.1 - Des cours et des meetings obligatoires
1.3.2.2 - Un hébergement en famille d’accueil

2 - La communication orale dans une classe d’immersion de FLE

2.1 - La communication

2.2 - Des activités comme lieux de communication en FLE
2.2.1 - La leçon hebdomadaire
2.2.2 - Les leçons de phonétique et de lecture
2.2.3 - La routine matinale et le soutien scolaire

2.3 - Les moments d’observation
2.3.1 - La communication en L2 en immersion
2.3.1.1 - Les productions des élèves en FLE
2.3.1.2 - La dimension communicationnelle en FLE
2.3.2 - La communication au service de la culture

Conclusion : bilan du stage


Introduction

Étant en maîtrise de Français Langue Etrangère (par la suite FLE), il me fallait effectuer un stage professionnel. Ex étudiant angliciste, je souhaitais effectuer mon stage dans un pays anglophone. En 2002-2003, assistant de Français dans une école primaire anglaise, j’ai pu découvrir la culture britannique. Passionné par la culture anglo-saxonne, j’ai donc opté pour les États-Unis où j’ai obtenu un poste de stagiaire/professeur assistant au sein de l’école élémentaire d’immersion française de Normandale à Edina dans le Minnesota.

Ce stage s’est déroulé pendant une année scolaire américaine (9 mois), ce qui m’a permis de comptabiliser les 150 heures de stage requises.

Dès mon arrivée aux USA, j’ai communiqué en anglais, c’est-à-dire dans une autre langue que ma langue première (par la suite L1). Bien que mes compétences en anglais me permettaient aisément de communiquer, j’ai éprouvé à plusieurs reprises certaines difficultés à me faire comprendre dans certaines situations du quotidien, m’obligeant ainsi à répéter voire à reformuler mes propos. C’est donc dans cette optique que j’ai décidé de rédiger mon rapport de stage. J’ai pensé que cela serait intéressant dans la mesure où un apprentissage d’une langue seconde (par la suite L2), quelle qu’elle soit, se fait dans le but de pouvoir échanger et donc de communiquer dans cette L2. Ainsi, j’ai centré mes activités de stage sur la classe elle-même et ai fait de la communication orale en classe de FLE dans un environnement immersif le fil conducteur de mon analyse. En effet, le cadre de mon stage se prêtait tout à fait à cette analyse puisque le français était la langue de communication pour ces élèves américains pendant près de 5 heures par jour, et ce, pendant 5 jours. De plus, cette étude était parfaitement adaptée au système éducatif américain qui est plutôt de tradition orale et donc basé sur la communication. J’ai voulu que ce rapport de stage soit le reflet de ce à quoi j’ai été confronté et de ce que j’ai pu observer pendant ces 9 mois de stage à l’école de Normandale. Il sera donc illustré d’exemples réels et concrets tirés directement de cette expérience.

Pour permettre au lecteur de mieux cerner l’environnement du stage, je présenterai dans un premier temps l’école de Normandale. Dans un second temps, j’aborderai la question de la dimension communicationnelle dans une classe de Première Année. Il s’agira pour nous de voir comment elle se manifeste et quelles en sont les principales caractéristiques.


1 - Une école d’immersion française comme lieu de stage

1.1 - Le lieu de stage
1.1.1 - L’école de Normandale

En 1990, le Canada connaît un développement sensible des écoles d’immersion avec des résultats plus qu’encourageants. Dans la communauté d’Edina, le corps enseignant ainsi que les parents d’élèves ont donc pris conscience de l’importance et des aspects positifs que pouvaient tirer les élèves d’un apprentissage en L2. Après les résultats d’une enquête menée auprès de la population locale, une école d’immersion espagnole devait voir le jour. Une école de ce type existant déjà dans le secteur scolaire voisin, la communauté d’Edina a retenu le deuxième choix de l’enquête : le français. C’est ainsi qu’en 1992, est née l’école d’immersion française de Normandale.

Le français constituait un excellent choix du fait de la proximité du Québec. Cette langue offrait également une ouverture culturelle sur l’Europe. De plus, la création de cette école s’ajoutait aux nombreuses expériences d’enseignement du français dans le primaire qui se sont inscrites dans « le mouvement [américain] FLES (Foreign Languages in the Elementary School.) » [1] (Titone, 1974).

Le succès grandissant de Normandale entraîne aujourd’hui des difficultés pour répondre aux demandes d’inscription : sur la liste d’attente, on dénombre pas moins de 50 enfants voulant intégrer la Maternelle. Pour pallier ce problème, deux critères de sélection ont été mis en place : sont prioritaires à l’entrée en Maternelle les élèves dont les parents habitent Edina et les élèves dont les frères/sœurs aînés sont déjà inscrits à Normandale. Néanmoins, aujourd’hui se développe une forte pression de la part des parents dont les enfants n’ont pas été acceptés en Maternelle pour qu’ils le soient en Première Année [2].

Depuis 1997, Normandale s’inscrit dans un programme d’immersion française s’étendant au secondaire. La poursuite de l’éducation en français y reste facultative et concerne seulement quelques matières : le français, l’histoire, la géographie, les maths et le théâtre.

1.1.2 - Le fonctionnement de Normandale en 2004-2005 [3]

En 2004/2005, l’école comptait 6 niveaux allant de la Maternelle à la Cinquième Année, avec 4 classes de 26 élèves, soit au total environ 600 élèves. L’établissement employait 23 professeurs [4] : 4 professeurs pour chaque niveau de la Première Année à la Cinquième Année et 2 professeurs à temps plein et 1 professeur à temps partiel en Maternelle du fait du dédoublement des classes le matin et l’après-midi. De plus, l’école accueille chaque année 17 stagiaires francophones : pour les niveaux dits « inférieurs » (Maternelle, Première et Deuxième Années), il y a un stagiaire par classe mais pour les niveaux dits « supérieurs » (Troisième, Quatrième et Cinquième Années), on compte un stagiaire pour deux classes, les besoins étant moins élevés du fait de l’intégration des cours d’anglais en tant que matière scolaire dans le programme .

Étant une école d’immersion française, la langue principale d’enseignement est le français. Ainsi le personnel du corps enseignant maîtrise relativement bien le français, certains professeurs ayant un niveau semblable à celui d’un locuteur natif. On soulignera également parmi ces professeurs la présence en 2004/2005 de trois locuteurs natifs : 1 en Première Année [5] et 2 en Cinquième Année. Ce nombre reste peu élevé du fait de la législation du Minnesota qui stipule que tout enseignant doit être titulaire de la licence d’enseignement américaine pour pouvoir exercer, d’où l’importance de la présence des 17 stagiaires francophones, véritables vecteurs d’un modèle linguistique authentique.
Pour ce qui est de la méthodologie de l’enseignement du français, Normandale applique la méthode de l’immersion où la classe joue le rôle de bain linguistique. On notera toutefois que cette immersion linguistique puise aussi ses principes dans d’autres méthodologies, notamment la méthodologie directe et l’approche communicative. Pour ce qui est du matériel pédagogique, Normandale le crée lui-même en fonction du programme scolaire des différents niveaux et importe des livres en français du Québec. Dans chaque niveau, les stagiaires sont fortement sollicités à compléter le matériel pédagogique : création de cours, de plaquette d’exercice, de supports visuels… .

Concernant le programme d’immersion française proprement dit, Normandale est considérée comme une école d’immersion française totale. En effet, pendant les trois premières années, l’enseignement est dispensé en français à hauteur de 75%, les 25% restants correspondant aux activités « hors classe » (arts plastiques, musique, gymnastique et bibliothèque) à la charge d’enseignants spécialisés anglophones. Sur 6h30 de présence à l’école, les élèves assistent donc à 5 heures d’enseignement en français chaque jour [6].

On l’aura très vite compris, Normandale et son programme d’immersion font figure de référence quant à l’enseignement du FLE dans le secteur scolaire de Edina. Toutefois, on ne manquera pas de préciser que sur la région de Minneapolis/Saint Paul, Normandale n’est pas la seule école qui propose un enseignement d’une langue étrangère de type immersif. De ce fait, elle a des écoles concurrentes avec lesquelles elle doit compter. Pour ce qui est du français, deux autres écoles offrent un programme similaire à celui de Normandale : L’Étoile du Nord à Saint Paul et La Maison des Enfants à Minneapolis, sans compter l’école internationale d’Eden Prairie. En outre, ce qui avait été favorable à l’ouverture de Normandale en 1992 pourrait lui porter préjudice à l’avenir. En effet, Normandale doit également faire face à la concurrence des autres langues étrangères et notamment de l’espagnol, cette concurrence étant importante puisque les écoles d’immersion espagnole accueillent de plus en plus d’élèves et surtout de nouveaux établissements de ce type ouvriront à la rentrée 2006 . A titre d’exemple, on citera les écoles d’immersion espagnole de Robbinsdale et de Saint Louis Park.

Sur le plan administratif, Normandale a un statut d’école publique. Par conséquent, la scolarité y est gratuite. L’établissement perçoit des fonds du secteur scolaire d’Edina en fonction des résultats obtenus par les élèves aux tests annuels. En outre, une participation financière conséquente de la part des parents sous forme de dons est sollicitée notamment pour le financement de l’accueil des stagiaires. Ces participations rendent Normandale peu attractive financièrement, mais assurent un meilleur encadrement des élèves et permettent le maintien d’un programme hors pair.

1.2 - Le stage lui-même
1.2.1 - Pourquoi ce stage ?

Hormis quelques lectures sur l’enseignement des langues en immersion, ce type d’enseignement m’était totalement étranger. Ce stage d’une durée d’un an allait donc me permettre de découvrir cet enseignement des langues tout en sachant que cette école ne proposait qu’un exemple d’immersion et non pas le modèle à adopter dans toutes les écoles. De plus, mon objectif professionnel étant l’enseignement précoce du FLE, ce stage dans une classe de Première Année répondait favorablement à mes attentes.

Enfin, ce stage était pour moi l’occasion de faire un lien entre mes deux formations universitaires : ancien étudiant angliciste, j’allais pouvoir maintenir mon niveau d’anglais tout en complétant ma formation en FLE.

1.2.2 - Processus d’obtention du stage

Suite à une annonce parue au département d’anglais de l’université de Rennes 2 qui proposait ce stage, j’ai pris contact avec l’une des responsables, Mme N. avec laquelle nous avons échangé des courriels. Suite à ces échanges, j’ai rempli un dossier de candidature et quelque temps plus tard je recevais une convocation au centre franco-américain de Rennes pour un entretien individuel. Le 26 mars 2004, j’ai donc rencontré les deux responsables du stage, Mme N. et Mlle T.. Quinze jours plus tard, un e-mail me signifiait l’acceptation de ma candidature : j’étais affecté au poste de professeur assistant dans la classe de Première Année de Mme P. J’ai alors entamé la procédure d’obtention du visa. Ce fut une période assez stressante, car entre le premier contact avec les responsables du stage et l’obtention du visa, il s’est déroulé pas moins de 5 mois.

Mon université d’origine ne proposant pas une formation de maîtrise FLE à distance, il ne me restait plus qu’à trouver une université la dispensant. Après quelques démarches administratives, mon dossier universitaire a été transféré à Paris 3 - Télé 3.

1.3 - Être stagiaire à Normandale

Ce stage a débuté le 29 août 2004 et s’est achevé le 10 juin 2005. J’étais présent à l’école 4 jours par semaine, du lundi au jeudi et je percevais une indemnité mensuelle s’élevant à 225$ (180€). Je ne décrirai pas les 9 mois effectifs du stage, mais détaillerai la semaine d’orientation (première semaine du stage) ainsi que les composantes principales et obligatoires de ce stage .

La semaine d’orientation : du 29 août 2004 au 3 septembre 2004

Pour nous souhaiter la bienvenue, l’école avait organisé une mini croisière en bateau à vapeur sur le Mississippi au cours de laquelle j’ai pu faire la connaissance des autres stagiaires. Le 30 août, nous avons effectué une visite succincte de l’école et fait connaissance avec le Principal. Cette journée s’est poursuivie par une présentation du programme d’immersion et d’un briefing sur l’hébergement en famille d’accueil. L’après-midi a été réservée aux formalités administratives internes et à la distribution des badges d’accès à l’école.

Le mardi, la matinée a été consacrée à l’inscription à la sécurité sociale et à l’ouverture des comptes bancaires. L’après-midi, nous avons visité Minneapolis et Saint Paul avec un bus de l’école. Le mercredi, au cours du déjeuner, j’ai pu rencontrer Mme P., l’enseignante dont j’allais être l’assistant, ainsi que les autres professeurs de Première Année. J’ai passé l’après-midi en compagnie de Mme P. pour discuter du programme scolaire de Première Année et préparer sa classe pour la rentrée.

La journée du jeudi a commencé par une visite de l’école où le principal nous a expliqué les différents exercices de sécurité. En début d’après-midi, une conférence nous a été donnée sur le thème « Travailler avec des enfants aux États-Unis ». La fin d’après-midi, les élèves accompagnés de leurs parents sont venus découvrir leur classe et leurs professeurs : cela a été pour moi l’occasion de me présenter aux élèves et de les rencontrer pour la première fois.

1.3.1 - Professeur assistant dans la classe de Mme P.
1.3.1.1 – Les activités d’enseignement

En tant que stagiaire en Première Année, j’étais en charge de la leçon de Mr MOREL. Il s’agissait pour moi d’enseigner une trentaine de minutes sur un thème donné à l’ensemble de la classe. Le thème hebdomadaire des leçons était défini par le programme scolaire du Minnesota. Je devais préparer cette leçon une semaine à l’avance afin d’avoir le temps d’en discuter avec Mme P. et d’y apporter certaines modifications si nécessaire.

Cette leçon était donnée quatre fois par semaine (une fois par jour) : je la présentais à tous les élèves de Première Année en commençant toujours par ma classe. J’avais toute latitude sur le déroulement de la leçon à condition que les activités restent adaptées à des élèves de Première Année. La leçon se faisait entièrement en langue cible (français) et s’articulait généralement autour de 3 parties d’environ 10 minutes chacune : une présentation orale du sujet, une activité de groupe (mathématiques liées à la leçon, vocabulaire…) et enfin une activité individuelle sur polycopiés telle que mots cachés, travail d’expression écrite…. Ces leçons faisaient appel à l’ensemble de l’espace de la classe : tapis, bureaux des élèves, espace télévision.

Trois jours par semaine (du mardi au jeudi) et seulement dans la classe de Mme P., je supervisais une mini leçon de phonologie. Ces leçons s’effectuaient en petits groupes de 6/7 élèves pendant une durée de 15 à 18 minutes. Ainsi pendant une heure environ, je dispensais la même leçon aux quatre groupes. Ces leçons ne nécessitaient pas de travail préparatoire puisqu’elles étaient basées sur un cahier d’activité de phonologie ainsi que du manuel Je lis, j’écris que disposait chaque élève. Chaque leçon consistait en l’étude approfondie d’un son particulier ou en la comparaison de deux sons très proches avec des exercices de paires minimales ou de reconnaissance du son étudié à l’intérieur d’un mot. Le but de ces leçons était d’apprendre aux élèves à prononcer et à reconnaître les phonèmes français. Les activités proposées dans le cahier faisaient également appel à la lecture (syllabes, mots et courtes phrases).

1.3.1.2 – Les autres activités

Il s’agit essentiellement de la préparation de « La leçon de Mr Morel ». Ce travail préparatoire se traduisait généralement par une à deux heures de recherches sur Internet pour trouver des exemples d’activités sur le thème en question, activités ensuite adaptées aux élèves de Première Année. Je recherchais également des supports écrits, visuels et sonores pour agrémenter ma présentation orale. Enfin, je créais le matériel nécessaire pour les activités de groupe et individuelles : flash cards, mots mêlés, questionnaires à choix multiple, etc. Ces préparations consistaient également, après avoir dispensé la leçon, à la revoir et à la parfaire pour les classes suivantes.

Ces préparatifs incluaient aussi la rédaction d’un lesson plan présentant les objectifs pédagogiques et communicationnels ainsi qu’une brève description du déroulement de la leçon. Ces lesson plans étaient importants puisque exigés par les enseignantes de Première Année afin d’avoir une trace écrite de mes leçons, pour elles-mêmes, mais aussi pour les futurs stagiaires.

Du lundi au jeudi, j’assurais la routine matinale de la classe qui durait environ 30 minutes. Pendant les 15 premières minutes passées sur le tapis, je supervisais le déroulement de petites activités culturelles et récréatives (le serment au drapeau américain, énoncé de la date, recherche de la météo…).

Les 15 minutes restantes étaient consacrées à faire réviser les élèves ce qu’ils avaient appris la veille. Dans ce cadre, je proposais une activité ludique de français ou de mathématiques : jeu du pendu, calcul mental, etc. Ces activités se déroulaient soit sur le tapis ou aux bureaux des élèves. Chaque semaine, je devais faire un bref compte rendu de ces activités à Mme P..

Enfin, j’observais la classe et la manière dont l’enseignante travaillait afin d’améliorer mes leçons hebdomadaires. Ces observations étaient pour moi l’occasion de mettre en relation théorie et expérience sur le terrain. Pendant que les enfants assistaient à leur activité « hors classe », je discutais de mes observations avec l’enseignante. Il s’agissait pour moi de faire part de mes remarques et d’acquérir des connaissances sur l’enseignement du français en immersion.

En période d’examens, sous le contrôle de l’enseignante, je faisais passer des tests d’expression de compréhension orale, de mathématiques et de lecture. Je participais également à l’élaboration des bulletins de notes avec Mme P..

1.3.2 - Des activités complémentaires
1.3.2.1 - Des cours et des meetings obligatoires

D’octobre 2004 à mi-janvier 2005, j’ai participé à des cours d’anglais. Ces derniers étaient dispensés en anglais une semaine sur deux pendant 2 heures. Ces cours prenaient la forme de discussions sur des thèmes culturels et de débats où les cultures américaines et françaises étaient comparées. Pour ces cours, je devais préparer les débats en posant une série de questions à ma famille d’accueil. À la fin du semestre, j’ai dû également rédiger un essai sur un thème de la culture américaine.

Pendant toute la durée du stage, j’ai assisté à des cours de pédagogie donnés en français ou en anglais. Ces séances duraient 2 heures pendant lesquelles nous abordions différentes problématiques concernant l’apprentissage et l’enseignement des langues précoces en milieu immersif (la notion de bilinguisme, la correction des erreurs, la communication dans la classe…). Nous mettions ainsi en parallèle la théorie et ce que nous observions dans nos niveaux respectifs. C’est encore dans le cadre de ces cours que j’ai appris à rédiger les lesson plans.

Une fois par mois, l’ensemble des stagiaires et les responsables du stage se rencontraient pour faire le point sur notre stage et suggérer des idées afin d’améliorer le programme pour les futurs stagiaires. Enfin, dans le cadre de ces rencontres, chaque stagiaire a dû rédiger deux comptes rendus de son expérience. La rédaction de ces derniers était obligatoire pour l’obtention de l’attestation de fin de stage.

1.3.2.2 - Un hébergement en famille d’accueil

L’école de Normandale mettait gracieusement à la disposition des stagiaires un hébergement en famille d’accueil. Ces familles d’accueil, volontaires, ne percevaient pas de compensation. Par conséquent, elles n’accueillaient un stagiaire que pour une durée de 5 mois : chaque stagiaire avait donc deux familles d’accueil sur l’année. Cette composante quelque peu originale était intégrée au stage afin que les stagiaires aient deux expériences de la culture américaine et puissent réfléchir sur la notion de culture dans l’enseignement des langues.

[1] Les langues étrangères à l’école élémentaire.

[2] Les élèves peuvent intégrer la Première Année sans avoir fait la Maternelle sous réserve de résultats satisfaisants à un test oral en Français. Ceci n’est pas valable pour les autres niveaux puisque le niveau de français est considéré comme étant trop élevé à rattraper.

[3] Le lecteur pourra consulter le site web de l’école : www.edina.k12.mn.us/normandale (anglais).

[4] Sont seulement comptés les professeurs participant au programme d’immersion. Doivent donc être rajoutés les professeurs d’arts plastiques, d’éducation physique et sportive, de musique et d’anglais.

[5] Il s’agit de Mme P, l’enseignante avec laquelle j’ai travaillé.

[6] Il ne faut pas oublier de compter la pause déjeuner (45 minutes) et l’activité hors classe dispensée en anglais (45 minutes).


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