L’évaluation d’une formation

samedi 26 juillet 2008 , par Anthony Joubier
 

L’évaluation fait partie intégrante de l’ingénierie de la formation et de la démarche d’ingénierie (conception, mise en œuvre et évaluation).

Pour le CIEP, l’évaluation doit être faite par les apprenants dans le but d’améliorer les formations et l’enseignement. En effet, "un dispositif d’évaluation des formations par les étudiants est mis en œuvre et sert au processus d’amélioration de la qualité." Dans le cadre d’un pilotage formatif ou diagnostique, Landsheere proposait d’évaluer les apprenants en les soumettant, d’abord, à un pré test pour déterminer leur niveau de connaissance avant l’enseignement, puis à un post test. L’enseignant doit, ensuite, informer les apprenants quand ces derniers font des progrès.

De ce fait, l’évaluation d’une formation peut être réalisée par le formateur ou par les apprenants en vue de déterminer la qualité ou non d’une formation, et donc d’établir éventuellement un plan de remédiation pour atteindre les objectifs fixés et améliorer les formations.
Cette présentation met en lumière la nécessité de communiquer car "la qualité se construit dans les interactions entre acteurs dans un contexte particulier" .

Quel est le but de l’évaluation ? "L’essentiel n’est sans doute pas de fixer la qualité intrinsèque, mais d’enclencher une dynamique de progression. (…) L’essentiel est moins l’objectivité du jugement que la mobilisation des acteurs" .
L’évaluation permet aussi d’évaluer le formateur et son enseignement. Deux fonctions de l’évaluation se dégagent : un bilan sommatif et une régulation formative.

Deux outils peuvent participer à l’évaluation d’une formation. Il s’agit de questionnaires de satisfaction à remplir par les apprenants en cours de formation et à la fin de celle-ci. Le questionnaire intermédiaire permet au formateur de dresser une évaluation à la moitié de la formation et donc d’apporter une remédiation éventuellement à celle-ci. De ce fait, cette évaluation formative peut servir de pilotage à la formation. Le questionnaire final permet de dresser un bilan de la formation. Il peut aussi servir de pilotage en vue des futures formations. Les questions des questionnaires peuvent porter sur les explications du formateur, sur l’ambiance, sur les activités et les documents,…

L’évaluation permet donc de juger de la qualité d’une formation et, de ce fait, le formateur peut s’autoévaluer dans le but de la recherche de l’amélioration car comme on l’a déjà noté, l’essentiel est d’enclencher une dynamique de progression. Cette autoévaluation est indispensable car "il n’y a véritablement formation que lorsque concepts et théories constitués sont à nouveau conceptualisés et théorisés par soi-même et pour soi-même" .

Afin que cette évaluation soit vraiment bénéfique en vue de l’amélioration de la formation et de la recherche de la qualité, il convient d’effectuer un retour sur cette évaluation, de dresser un bilan, donc une rétroaction s’impose.

"La rétroaction dont il est question ici rend compte d’une conception plus large de ce que nous entendons habituellement par ce terme pédagogique. Trois définitions de Legendre peuvent amener à préciser notre pensée. De façon générale, il s’agit de "communication, d’information qu’un individu reçoit en réponse à ses actions, à ses attitudes, à ses comportements." En pédagogie, il parle d’"information, d’évaluation, de réponse fournie par l’agent au sujet à la suite d’une période d’apprentissage." Finalement, en psychologie, il est question de " compte-rendu d’un membre à l’ensemble des participants sur le fonctionnement du groupe." Notre conception de la rétroaction comprend tous ces aspects. De ces situations de rétroaction, se dégage la question de la communication au sens de don ou d’échange d’information entre le professeur et les élèves, ou encore entre les élèves eux-mêmes. La communication à établir est un aspect essentiel de la rétroaction. Cette communication doit être bilatérale et viser une amélioration du fonctionnement du groupe, mais aussi de chaque individu. C’est pourquoi, pour bien mettre cet aspect en évidence, nous préférons parler de rétroaction-communication :

(…) Dans la classe, on observe quatre canaux de rétroaction-communication :

- Les élèves se font connaître du professeur,
- Le professeur se fait connaître de ses élèves,
- Il leur transmet de l’information sur leur travail,
- Les élèves échangent entre eux
" .

La rétroaction est indispensable car "pour améliorer ses stratégies métacognitives, chaque personne a besoin de rétroaction" et elle permet aussi "aux élèves d’identifier les connaissances acquises et d’exprimer les émotions ressenties au moment où elles surgissent. C’est aussi une façon d’améliorer le climat de la classe en démontrant publiquement du respect pour les opinions des élèves, leur désir d’améliorer leur travail et leur capacité à tenir compte des critiques constructives" .

Reste maintenant à présenter comment mettre en place cette rétroaction. Celle-ci peut se réaliser ainsi :
"Le professeur fait un retour sur les réponses rendues au cours suivant. Il précise en quoi ces réponses lui seront utiles dans la poursuite de son cours. Il rappelle, s’il y a lieu, que certains commentaires sont plus utiles ou plus pertinents que d’autres. En relation avec les questions posées, il peut commenter la nécessité d’identifier ce qu’on a appris et ce qu’on a mal compris. C’est un moyen de mieux orienter son étude et d’établir des liens (s’il y en a) entre ce qu’on a retenu ou non d’un cours et les émotions qui surgissent après la fin d’un cours. Il peut proposer des changements à apporter au déroulement du cours ou expliquer les raisons pour lesquelles il ne peut tenir compte de certains commentaires ou encore préciser le moment où il en sera tenu compte. (…) Cette activité est utile au moment où le professeur s’interroge sur la clarté de ses explications ou sur la relation ou le manque de relation établi avec son groupe. C’est un moyen d’établir la communication et de commencer le dialogue" .

Ainsi, l’évaluation et la rétroaction permettent le pilotage de la formation, en vue d’améliorer la qualité de cette dernière, dans un climat de communication et de coconstruction de la formation entre le formateur et les participants.

Bibliographie

Paquay L., L’évaluation des enseignants et de leur enseignement : pratiques diverses, questions multiples, L’Harmattan, 2OO4

Galisson R., Puren C., La formation en question, Clé international, 1999, p.41

Lafortune L., Saint-Pierre L., Affectivité et métacognition dans la classe, De Boeck Université, Bruxelles, 1998


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