Le B4 est une épreuve purement orale : vous devez préparer en 1 heure un exposé d’une durée de 20-30 minutes, qui sera suivi d’un court entretien avec le jury. Comme l’épreuve B3, B4 est une épreuve qui teste votre capacité à manier une langue de spécialité, c’est pourquoi vous devrez à l’avance annoncer de quelle discipline vous voulez parler. En général, les centres proposent : sciences de la vie (biologie, médecine, éventuellement zoologie, botanique), sciences de la matière (mathématique, physique, astronomie, éventuellement géologie), sciences économiques, sciences juridiques, sciences humaines et sociales.
Vous devez tenir compte des facteurs suivants :
vous n’êtes pas obligés de choisir la même discipline pour B3 et B4, vous n’avez pas à besoin de justifier votre choix par un diplôme ou des études dans cette matière.
le niveau de spécialisation n’est pas très "pointu" - les sujets sont choisis et appréciés par des professeurs de français langue étrangère et non pas par des savants spécialistes de la branche choisie : généralement le niveau est celui des articles de vulgarisation scientifique de revues telles que Sciences et Avenir, Science et Vie etc. Vous devrez néanmoins utiliser vos connaissances dans la matière.
il existe, selon les centres de passation et les années, deux façons de vous présenter le thème de l’exposé à préparer : sur dossier et sur sujet (sur énoncé). Le dossier comprend un certain nombre d’articles sur un thème donné, d’un volume équivalent à celui de la synthèse du B3. Le sujet est une phrase (un énoncé) à commenter et développer.
système de notation En général, l’épreuve B4 est notée de la façon suivante :
| Exposé | sur 20 |
| adéquation de l’exposé au thème proposé | |
| capacité à amener le débat | |
| pertinence des informations retenues | |
| capacité à utiliser ses propres connaissances | |
| capacité à présenter son point de vue | |
| capacité à illustrer d’exemples | |
| clarté et cohérence de l’exposé : présentation structurée, mise en valeur des points forts, capacité à conclure | |
| Entretien | sur 10 |
| capacité à réagir aux questions du jury | |
| capacité à apporter des précisions, rectifier, compléter | |
| défendre ou nuance son point de vue | |
| relancer ou élargir le débat | |
| Qualité linguistique | sur 10 |
| compétence linguistique (phonétique, prosodie, fluidité, débit) | |
| correction morphosyntaxique | |
| richesse du lexique | |
| élaboration et variété des phrases |
Notre propos n’est pas ici de faire un cours de phonétique du français à l’usage des russes. Cependant les apprenants russes ont intérêt à travailler :
les alternances voyelle nasale/ voyelle non nasale (en général on entend une voyelle nasale là où il ne devrait pas y en avoir)
la différenciation des voyelles nasales (surtout an/on), l’absence de son n/m à la fin des voyelles nasales
le R grasseyé et surtout "discret" (le R en fin de mot doit se réduire la plupart du temps en un léger souffle)
les sons /U/ et /Y/ , surtout après R et L
la différence entre /O/ fermé et /O/ ouvert, le son /O/ en position finale, surtout après L.
Il faut bien évidemment travailler la prosodie et le débit : pour cela nous recommandons de lire à haute voix, surtout des dialogues et des pièces de théâtre, d’écouter la radio, regarder des films en version originale, apprendre des poésies par cœur.
Vous trouverez ici un choix de "virelangues" - petites formules à répéter le plus vite possible. Certaines sont connus, d’autres sont inventées par les auteurs du livre "Dix dodus dindons" :
Il faudra bien sûr adapter ces exercices aux difficultés rencontrées par vos apprenants.
N’hésitez pas non plus à consulter l’article de Michèle Debrenne sur les fautes typiques des russophones lors de l’apprentissage du FLE.
Nous proposons ci-dessus un certain nombre d’activités, qui permettront de se préparer - individuellement ou en groupe - aux activités orales. On peut aussi faire de brefs exposés sur un sujet donné.
Le sujet est donné à la leçon précédente, l’exposé est préparé à la maison. Il faut se conformer aux règles suivantes :
Il est indispensable de discuter dans le groupe-classe des qualités et des défauts de l’exposé, par tant sur le fond (on peut être d’accord ou non sur le sujet et la façon de l’exposer) que sur la forme. Pour cela, après quelques exposés faits en classe et discutés, on peut distribuer au "public" un questionnaire du type suivant :
Il est important de comprendre que le but d’une telle grille n’est pas de "mettre une mauvaise note" à celui qui a fait l’exposé, mais de réfléchir soi-même aux exigences du genre pour utiliser ces critiques dans son propre travail.
Pour apprendre à développer les capacités d’interprétation, nous vous proposons un certain nombre d’activités à faire seul ou en groupe.
travail sur le vocabulaire :
Enumérer tous les mots (substantifs, adjectifs, verbes) qui vous viennent à l’esprit en association avec un mot (abstrait ou concret) tiré au hasard. Si vous êtes seul vous pouvez vous donner 5 minutes et vous efforcer d’écrire le plus grand nombre de mots autour de la notion donnée. Si vous êtes en groupe, citez un mot chacun son tour jusqu’à ce que plus personne n’en trouve.
Pour varier les sujets, on peut d’abord faire écrire un mot (abstrait ou concret, au choix) par chaque participant sur un petit papier, puis en tirer un au sort en ensuite citer le plus grand nombre de mots liés à cette notion.
faire le tour d’un problème :
Il s’agit ici de présenter tous les aspects sous lesquels on peut aborder tel ou tel problème, diversifier les points de vues sous lesquels on peut en parler (social, économique, historique, esthétique, éthique, moral, religieux etc.). On peut se baser sur des revues comme Science et Avenir qui propose de temps en temps des numéros "hors-série" dans lesquels ils envisagent tous les aspects de notions comme le sommeil, le rire, le sexe, le rêve, l’infini, le néant.
Prenons un exemple : le pain. On peut en parler sous l’aspect diététique (les calories, la place du pain dans un régime), historique (le rôle du pain dans l’alimentation au cours des époques), agricole (les différentes étapes de la fabrication du pain, les différentes types de farines, ethnographique (les différents pains selon les peuples, les peuples qui ne mangent pas de pain), linguistique (l’étymologie du mot, les expressions idiomatiques), religieux (la signification sacrée du pain dans la religion chrétienne), morale (le rôle du pain dans les relations interpersonnelles) etc.
Si vous êtes en groupe, vous pouvez organiser une table ronde en répartissant chaque aspect par intervenant et organiser un débat (dans ce cas il faut prévoir un meneur de débat) :
Thèmes de discussion possibles :
Trouver des exemples et des contre-exemples pour illustrer un sujet, des chiffres, des citations littéraires.
Il s’agit de s’exercer à trouver le plus d’exemples typiques qui pourront être utilisés comme illustration dans l’exposé. D’habitude, le trac de l’examen aidant, l’étudiant a beaucoup de mal à en trouver s’il n’a pas l’habitude de faire cette petite gymnastique mentale.
Comme pour tous les exercices proposés dans cette partie, on peut le faire individuellement ou en groupe. Cette dernière forme est généralement plus fructueuse, car il n’y a pas deux étudiants qui pensent pareil. C’est la technique connue sous le nom de "brain stroming" ou, en bon français, "remue-méninges".
Prenons, par exemple, un thème comme "le dopage et le sport sont des notions incompatibles"
Il convient de rechercher :
des cas de sportifs célèbres qui ont été contrôlés positifs (Ben Johnson, Xavier Soto Major, équipe d’haltérophile bulgare, cas récents lors des JO de Sydney)
des cas de sportifs qui ont souffert ou sont morts à cause du dopage (nageuses ou gymnastes qui n’ont pas pu avoir d’enfant, Mohammed Benazizza, culturiste mort d’insuffisance rénale pour avoir abusé de diurétiques, je ne sais plus quel coureur cycliste mort en haut du Simplon de crise cardiaque)
des exemples de matières dopantes : Epo, hormone de croissance, cortisone, anabolisants.
les sports les plus touchés : haltérophilie, natation, athlétisme, cyclisme.
les problèmes éthiques : frontière entre médicament et produit dopant, produits dopants sur ordonnance, que faire si tout le monde prend des médicaments.
les contre-exemples : sports dans lesquels le dopage n’est pas répandu (ski ? patinage artistique ? escrime ?), sportifs qui jouent de leur autorité pour faire campagne contre le dopage (Dikoul...)
Si vous êtes seuls, vous pouvez rechercher des exemples dans les encyclopédies, sur Internet. Mais l’important est de s’habituer à trouver des exemples précis, exacts et le plus rapidement possible. Ne pas oublier les contre-exemples, c’est a dire des exemples qui prouvent le contraire de la thèse qu’on vous demande de défendre.
Défendre un point de vue ou son contraire
Pour apprendre à défendre un point de vue (même si ce n’est pas le vôtre car vous serez peut-être obligés par le sujet à vous exprimer sur quelque chose qui ne vous concerne pas, ne vous intéresse pas, sur laquelle vous n’avez pas d’opinion précise), nous vous proposons un certain nombre d’activités :
Les contraires : Expliquer en 5 minutes (après un court temps de préparation) si vous préférez prendre une douche ou un bain et pourquoi. Durant le bref temps de préparation, vous devez noter sur votre papier votre choix et les arguments pour et contre : par exemple, ici : Douche : rapide, stimulant, économique, sportif ; Bain : moins pratique, on ne peut pas en prendre partout, fatiguant, il faut laver la baignoire... Ensuite vous devez faire le même exercice mais en choisissant l’autre version.
Face à face :
deux "protagonistes" s’affrontent sur un sujet, le "public" peut faire passer des billets avec des arguments pour aider l’un ou l’autre des participants. Exemples :
Etes vous pour ou contre la légalisation du cannabis ?
Les malades du sida doivent être isolés de la société
Il doit y avoir des distributeurs de préservatifs gratuits dans les écoles et les collèges.
Un contre tous : une personne fait un exposé sur un sujet (l’exposé peut être préparé à l’avance : dans un groupe, on peut désigner une personne qui va se préparer 1/2 heure dans une autre salle, et qui rejoint le groupe plus tard) ? Pendant qu’il se prépare, distribuer au "public" le genre de question qu’il devra poser : l’un devra faire une objection, l’autre demander une précision, le troisième qu’il n’a pas compris un aspect.
Pour finir, deux exercices amusants :
l’orateur têtu : la personne qui parle doit imposer son sujet à ses interlocuteurs qui s’efforcent de l’en détourner (il veut absolument raconter ses vacances, la maladie de sa belle-mère, les dents du petit dernier) ;
L’orateur récalcitrant : au contraire, les interlocuteurs veulent absolument le faire parler d’une certaine chose, alors qu’il ne veut absolument pas aborder ce sujet (ses résultats scolaires/universitaires, sa petite amie, comment s’est terminée la soirée de la veille lors de laquelle il s’est lamentablement saoulé etc.) et s’efforce à tout prix de détourner la conversation.
Également sur ÉduFLE
DELF-DALF, notre sélection de sites proposant annales, conseils et corrigés.
L’épreuve DALF B4 : Comment réussir un exposé "à la française" ?
L’épreuve DALF B4 : Recommendations pratiques
[1] En France ce sont les gendarmes qui recueillent les témoignages de phénomènes extraordinaires.
[2] Dans un contexte plus français, voir une série d’articles du Monde parus en été 1999 intitulés "Beaujolais ou Bordeaux", "Larousse ou Robert" etc.
