Des haïkus en français (2)

Quelques notes de lecture
samedi 22 mars 2008 , par Jean-Marcel Morlat
 
Dans cet article, qui est une suite logique de mon autre article sur le même thème des haïkus en classe de FLE, je présente le roman de Maxence Fermine, Neige, un roman plein de charme, qui a été publié en 1999 et qui peut être utilisé pour introduire le haïku en classe de FLE à un niveau avancé. Ce roman est en effet un point de départ formidable pour tout enseignant désireux de consacrer un atelier d’écriture aux haïkus.

Maxence Fermine a publié son premier roman en 1999. il s’agit de Neige (collection Points-Seuil), qui devrait intéresser tous les passionnés de haïkus. Il a aussi a écrit les livres suivants Opium, l’Apiculteur et le Violon noir. Il est né en 1968 et a vécu à Paris avant de partir en Afrique, dans le cadre de son travail pour un bureau d’études. Il vit actuellement en Haute-Savoie avec sa femme et sa petite fille.

La critique littéraire Pascale Arguedas, résume le livre de la manière suivante sur son site personnel :

"À la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s’adonne à l’art difficile du haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d’un maître avec lequel il se lie d’emblée, sans qu’on sache lequel des deux apporte le plus à l’autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l’image obsédante d’une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes. Dans une langue concise et blanche, Maxence Fermine cisèle une histoire où la beauté et l’amour ont la fulgurance du haïku. On y trouve aussi le portrait d’un Japon raffiné où, entre violence et douceur, la tradition s’affronte aux forces de la vie."

Du style de Maxence Fermine, elle dit : "Un style simple, élégant, une modestie des tons, une écriture dépouillée d’artifices inutiles tant la poésie transpire sous la prose. L’amour, la mort, la création, telle une pluie de flocons blancs, déferlent sur ces quelques feuillets." C’est bien pour cela que ce livre serait très utile dans le cadre d’un cours de niveau avancé sur les haïkus ; il est très court et se compose de 53 parties. Une lecture linéaire est possible, à haute voix, ce qui permet, au fil de la lecture (expressive) d’introduire la forme du haïku, de s’arrêter même pour en composer en suivant les exemples qui émaillent le texte et qui sont souvent des poèmes célèbres au Japon. Dans la mesure où ce petit livre est très lié à la nature, il y a beaucoup de mots de saisons (Kigo), ce qui permet de prendre chaque partie comme un point de départ pour l’écriture d’un poème avec le groupe-classe ou en petits groupes. On peut bien sûr, si le livre a été lu de manière individuelle, en discuter en classe et reprendre une partie importante, tout en lançant la discussion qui devra obligatoirement mener à la rédaction de haïkus.

Maxence Fermine donne, par le biais du personnage Soseki, une définition quasi parfaite de ce qu’est un haïku : "En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Écrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une oeuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe." (pp. 80-81)

Voilà donc quelques pistes supplémentaires qui complèteront la dernière partie de mon article précédent et qui intéresseront sans nul doute les professeurs de FLE haïkistes.


Contrat Creative Commons
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


FLE
Vous avez lu l'article. À vous la parole.
Quels sont vos commentaires, opinions, ajouts ?
Répondre à cet article