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Approche syntagmatique du lexique

Collocations et image de l’organisation lexicale

le lundi 13 mars 2006, par Elizabeth Calaque

Les collocations, à la croisée du discours et de la langue

« Il peut y avoir aimer gentiment, aimer méchamment, aimer, je ne sais pas, il y a toutes sortes d’aimer, mais le plus important des aimers, c’est aimer par amour. »
Julie 10 ans CM

Approche syntagmatique du lexique et enseignement de la langue étrangère et maternelle

La dimension syntagmatique du lexique constitue un axe de réflexion essentiel pour la lexicologie, car si la limite entre la lexie et l’énoncé libre est difficile à tracer, « les unités fonctionnelles au-delà du mot sont indispensables à la description de la langue (Rey, 77, p189).

La Lexicologie explicative et combinatoire (Mel’čuk 95), appliquée à la description du français aborde l’étude formelle du phénomène collocatif comme l’un des principes organisateurs du fonctionnement de la langue. « Elle a isolé un ensemble réduit de dérivations sémantiques, universellement présentes dans les langues, qu’elle modélise au moyen d’un outil formel appelé fonction lexicale » (Polguère 2000, p78). La description rigoureuse de l’ensemble des collocations d’une langue facilite la compréhension et en conséquence l’apprentissage. (Mel’ čuk , 92).

Les dictionnaires directement issus de ces recherches [1] restent toutefois peu accessibles pour les non-initiés. Le DAFLES et la base de données ALFALEX [2] qui font référence à cette approche ont en revanche une interface didactique qui permet une exploitation plus facile. Dans une perspective différente, le dictionnaire du français usuel [3] qui explore également les innombrables liens paradigmatiques et syntagmatiques qui tissent le lexique, constitue un outil pédagogique très intéressant, conçu pour une utilisation en prise directe sur la classe. Il existe par ailleurs des bases de données consacrées aux collocations en français [4]

Une piste de réflexion également intéressante est celle du courant de la Lexical Approach, [5] qui depuis les années 90, dans la perspective de l’école contextualiste britannique [6] a développé des outils pédagogiques. D’abord conçue pour l’anglais langue étrangère, cette approche s’est étendue ensuite à l’anglais langue maternelle. Dans ce cadre, la collocation est définie comme un phénomène directement observable, par lequel certains mots apparaissent en cooccurrence dans un texte naturel avec une fréquence supérieure à celle du hasard. Les collocations se répartissent sur une échelle de contrainte qui va de l’expression figée comme attraper froid, à des combinaisons tout à fait ouvertes et nouvelles. (Lewis 2002 ). [7] À partir de l’anglais, cette approche ouvre des perspectives sur l’enseignement d’autres langues. Ainsi Chanfrault (2004) se fonde sur les apports de la lexical approach pour proposer une approche syntagmatique du lexique adaptée au français.

- La Lexical Approach [8] postule que la langue est constituée de syntagmes préconstruits, « chunks », sur la base de collocations propres à la langue concernée et à chaque domaine étudié. Pour s’exprimer correctement et sans effort, le sujet non natif doit donc disposer d’un large répertoire de collocations, qui constituent en quelque sorte la trame de fond du lexique mental d’un sujet natif. L’apprentissage des liens paradigmatiques et syntagmatiques qui unissent différentes lexies d’une langue facilite donc la maîtrise de la langue et l’enseignement des collocations apparaît comme une nécessité, dans la mesure où ce phénomène omniprésent dans la langue est source de nombreuses erreurs chez les apprenants (Polguère 2000).

1. Recueil et observation des collocations

Cette étude porte sur l’observation des collocations à partir d’un test proposé à des francophones. L’objectif est de mettre en évidence des compétences de natifs qui sont à la fois un point de référence pour l’apprentissage du FLE/ FLM, et une source de données exploitables pour l’élaboration d’outils pédagogiques.

Le fait collocatif est étudié ici en référence la définition qu’en donne la Lexical Approach, sachant que cette notion reste en débat (Grossmann et Tutin 2003). « Les collocations sont en quelque sorte l’Arlésienne de la linguistique : tout le monde en parle, mais elles restent difficilement saisissables » (Williams ibidem p 33)

Sujets
Le test porte sur trois groupes de sujets francophones :

  • 52 enfants de 9 à 12 ans : 3 classes de Cours moyen (CM) ;
  • 36 élèves de 18 à 22 ans : classes de lycée professionnel, Brevet technique supérieur (BTS) ;
  • 55 adultes ayant un niveau bac+ 2 à 5 (22 à 55 ans) ;

Le niveau d’études et le contexte socio- professionnel constituent la principale différence entre le groupe des élèves de lycée professionnel et le groupe adulte de niveau bac + 2 à 5 (étudiants et personnes exerçant une profession).

Matériel de test
Chaque sujet dispose d’une feuille comportant deux listes de mots : 16 adjectifs - 16 noms [9]. Ces mots, excepté deux, sont répertoriés dans le Dictionnaire du français usuel dont « l’objectif est de présenter de façon cohérente et intelligible, un trésor de mots permettant à tous les francophones de communiquer à travers le monde » (Picoche 2002, p 7).

Consignes
« Pour chaque adjectif écrivez un nom masculin ou féminin qui vous vient immédiatement à l’esprit et qui fait sens avec l’adjectif »
« Pour chaque nom de la liste écrivez un qualificatif qui vous vient immédiatement à l’esprit et qui fait sens avec le nom. »

  • Les 16 adjectifs de la liste sont terminés par le suffixe « eux » qui marque la qualité : 9 désignent des qualités observables propres à la catégorie animé  ; 7 désignent des qualités observables propres à des éléments de la catégorie non animé . Sachant que l’emploi métaphorique de l’adjectif transcende cette distinction. La référence à l’observable et la relation aux catégories animé/non-animé constituent les critères de sélection des adjectifs de cette liste.
  • Les 16 noms de la liste se terminent par le suffixe « ation ». Ils ont été sélectionnés en relation avec l’expérience et les connaissances des sujets afin de faciliter l’évocation de collocations en lien avec le mot-stimulus. La plupart des sujets ont rempli le test, de manière spontanée selon la consigne. Dans cette mesure, les réponses données peuvent être considérées comme des collocations disponibles dans leur lexique mental.

Cadre d’analyse des données
Les mots de ces listes constituent des stimulus qui ont pour fonction d’amorcer chez les sujets des collocations en relation avec des univers variés. Les associations verbales produites par différents sujets à partir d’un mot stimulus, c’est le cas de notre corpus, peuvent être considérées comme des ensembles structurés, lexiques de situation (Muller 1977), thème et centre d’intérêt (Galisson 71 ), champs associatifs (Picoche77).
De tels ensembles, malgré « l’incertitude méthodologique » qui caractérise leur constitution, (Picoche 77,p 91) méritent d’être étudiés, car ils se situent au point d’articulation entre l’étude de la langue et l’analyse du discours. Sachant que la délimitation d’un champs peut donner lieu à débat puisqu’elle fait appel au départ à l’intuition du chercheur (Mortureux 97, p71) « Le champ lexical est en partie un artefact... On ne sait jamais où il s’arrête pour la bonne raison que le lexicologue l’arrête là où il veut. » (Picoche, 86, p136). C’est dans cette perspective que seront étudiées l’organisation des collocations et la nature des relations qui les unissent.

2. Propositions d’analyse et de classification des collocations

2.1 Hiérarchisation et catégorisation

Sur l’ensemble du corpus, l’analyse des collocations liées à chaque mot-stimulus montre qu’elles sont structurées autour du signifié de ce mot et des référents qu’il évoque. Ce phénomène est étudié à partir des données suivantes sélectionnées dans le corpus : collocations avec les mots baveux, poussiéreux, respiration, admiration, aventureux . Ces cinq mots ont été choisis parce qu’ils correspondent à des types d’associations qui se retrouvent sur l’ensemble du corpus analysé.

A) La dominance du stéréotype, collocations avec l’adjectif baveux
L’ensemble des collocations liées à cet adjectif peut être hiérarchisé du générique au spécifique selon deux grandes catégories : animé (humain, animal) / non-animé (objet, nourriture). Cette organisation se retrouve dans les trois groupes :

Dans la catégorie ANIME-ANIMAL, les termes génériques animal, bête (2 réponses sur 138) ont une occurrence faible par rapport aux termes spécifiques escargot, chien, crapaud qui viennent en tête des occurrences dans les trois groupes. Dans la perspective d’une sémantique du prototype (Kleiber 1990) un élément, perçu comme représentatif de sa catégorie peut avoir valeur de prototype de cette catégorie. Par exemple, pour représenter la catégorie oiseau , l’expérience montre que les sujets interrogés pensent plus spontanément à moineau qu’à autruche , perçu dans notre culture comme peu représentatif de la catégorie, on observe ici un phénomène semblable.
En français en effet, crapaud baveux, escargot baveux, chien baveux constituent des collocations en voie de figement surtout pour les deux premiers, en raison sans doute des stéréotypes liés à ces animaux présents dans la littérature enfantine (contes et comptines). La figure suivante illustre cette tendance : escargot, chien, crapaud totalisent ensemble 88 % des réponses dans la catégorie animal.

  • Dans la catégorie animée, les mêmes termes apparaissent dans les trois groupes, mais avec une répartition un peu différente. Les enfants associent volontiers bébé à baveux (13 sur 52), alors que chez les adultes cette collocation a une occurrence plus faible (3 sur 55).
  • Les collocations à valeur métaphorique : littéraire baveux (adultes), commerçant baveux (enfants), omelette baveuse font apparaître la polysémie de l’adjectif en contexte. Ces valeurs métaphoriques se retrouvent dans les synonymes de baveux [10] : Syn bavard, prolixe, verbeux, (littéraire baveux) ; sournois, malveillant, menteur (commerçant baveux) ; coulant (omelette baveuse)

B) Les contours d’un champ lexical, collocations avec l’adjectif poussiéreux
Pour les trois groupes, poussiéreux est majoritairement associé avec l’expérience de la vie domestique. Les collocations avec cet adjectif constituent un ensemble homogène, organisé pour l’essentiel autour du champ lexical de la maison, selon une hiérarchie à trois niveaux emboîtés, comportant chacun plusieurs éléments. Le générique endroit , se décline en deux catégories extérieur/intérieur, dans cette deuxième catégorie les substantifs logement, appartement maison , constituent un noyau thématique qui se décline à son tour en trois catégories pièces, meubles, objets (de la maison).
Dans les trois groupes l’adjectif poussiéreux est presque exclusivement associé au champ lexical de la maison.

En dehors de ce champ, les collocations sont dispersées et leur occurrence ne dépasse pas l’unité. On peut noter que dans la catégorie MEUBLE, le mot meuble domine avec 74 % des occurrences de cette catégorie. En l’absence de contexte ce mot, en raison de sa valeur générique, est sans doute plus disponible que des termes spécifiques comme armoire, table dont les occurrences sont faibles (entre 1 et 2).

Les enfants associent poussiéreux au concret, à la matière (foin, poudre, terre ) ; les adultes au contraire proposent des mots comme air, loi, administration, souvenir , qui donnent à l’adjectif poussiéreux une valeur métaphorique et font apparaître la polysémie du mot en contexte. On peut en effet remplacer poussiéreux par différents synonymes en fonction du trait sémantique de l’adjectif privilégié par la collocation :
Synonymes de l’adjectif poussiéreux d’après le dictionnaire du CRISCO [11] : « ancien, archaïque démodé, dépassé sale, vieux, vétuste  »
administration poussiéreuse > archaïque, dépassée ; air poussiéreux > démodé, sale, vieux ;
souvenir poussiéreux > ancien, vieux ;

C) Entre expérience et connaissances, collocation avec le substantif respiration
La majorité des adjectifs associés à respiration renvoient au sémantisme du mot en termes de durée ; vitesse ; rythme et intensité . Les autres collocations se répartissent entre trois catégories : ressenti subjectif (sensation) ; évaluation (diagnostic) ; mention de connaissances encyclopédiques.

Selon J Picoche la définition plénière [12] de respirer se caractérise par quatre traits sémantiques : « respirer est une fonction 1) vitale, 2) automatique, extrêmement facile,3) consistant à intérioriser l’air ambiant, 4) à extérioriser l’air que l’on porte au dedans de soi. « Mais l’ordre que nous avons adopté pour ces quatre traits n’est nullement indiscutable ni obligatoire « (Picoche 86,p30). Dans la distribution des collocations, ce sont les traits 3 et 4, extériorisation/intériorisation de l’air, qui sont majoritairement exprimés à travers des adjectifs indiquant la durée, le rythme et l’intensité du phénomène.

En l’absence de consignes plus précises, dans les trois groupes, c’est autour du mécanisme physique de la respiration, que la majorité des réponses s’est constituée. Ce mécanisme correspond par ailleurs à un ressenti positif ou négatif qui s’exprime à travers des adjectifs comme respiration douce, agréable, suffocante, douloureuse . Enfin la respiration est également envisagée comme un objet d’étude avec des collocations relatives à des connaissances encyclopédiques respiration artificielle, alternée, abdominale ... Le choix d’un point de vue apparaît ici déterminant dans l’organisation des collocations.

On relève des collocations avec un fort degré de dépendance entre le mot respiration et l’adjectif qui lui est associé. Par exemple : respiration abdominale, respiration artificielle sont des syntagmes pratiquement lexicalisés ; à un moindre degré respiration haletante, respiration saccadée correspondent à des clichés descriptifs. À l’opposé les adjectifs grande, faible, forte correspondent à des « collocatifs illimités », c’est-à-dire à des adjectifs qui ont des possibilités d’association étendues (Galisson 71, p 14).

D) L’expression de l’intensité, collocations avec le substantif admiration
Dans leur ensemble, les collocations proposées décrivent l’admiration comme un sentiment relevant à la fois de la subjectivité et des conventions sociales. Elles mettent en évidence le fait que pour les sujets interrogés l’admiration se caractérise avant tout par son intensité ; elle correspond à un comportement social, une relation à l’autre qui implique le regard sur quelque chose ou quelqu’un. Enfin, elle donne lieu à évaluation dans chacun de ces deux domaines, elle peut-être, excessive, justifiée ou injustifiée, sincère ou feinte.
Dans le cadre de la lexicologie explicative et combinatoire, le mot admiration est essentiellement défini par la fonction lexicale Magn qui désigne l’intensité. [13] Le trait intensif se retrouve d’ailleurs dans la majorité des adjectifs en collocation avec admiration . Une fonction lexicale porte généralement sur le sens de son mot-clé, ici admiration , mais elle peut porter également sur l’une des composantes sémantiques de ce mot. Par exemple, la collocation admiration véritable intensifie la vérité du sentiment (vrai/ non vrai) ; admiration aveugle/ sérieuse intensifie validité du sentiment ( fondé/infondé). C’est ainsi qu’à travers les collocations se dessinent les traits sémantiques qui constituent la signification du mot.

Les adjectifs associés au terme admiration se répartissent selon une organisation identique dans les trois groupes et beaucoup de ces adjectifs constituent des réponses communes.

Les collocations à valeur négative sont peu présentes dans le groupe des enfants 2 /40 réponses et des jeunes 3/ 30 réponses. Dans le groupe des adultes, elles sont plus nombreuses quoique minoritaires (11/50)
Les enfants ont tendance à placer dans un syntagme ou une phrase, le mot admiration et le terme qui lui est associé. Admiration d’une star, d’une personne, un travail admirable ; Ce garçon mérite de l’admiration . La collocation porte sur l’objet de l’admiration et non sur la description du sentiment sans doute moins accessible pour les enfants parce que plus abstraite.
Dans la catégorie marquant l’intensité l’adjectif grande (admiration) a une forte occurrence, chez les enfants et les jeunes : enfants 15 sur 24 réponses ; jeunes 11 sur 21, sans doute en raison de son caractère très général. En revanche dans cette même catégorie le cliché admiration sans bornes est majoritaire chez les adultes 15 occurrences sur 21 réponses contre 8 pour grande
On remarque que les enfants ne maîtrisent pas tout à fait les collocations liées à ce substantif. Par exemple, l’adjectif « grandiose » comporte bien le trait superlatif attendu, mais également d’autres sèmes qui orientent la collocation sur une autre catégorie d’objets, cérémonie, paysage par exemple. Quant à l’adjectif « géant » , il constitue une métaphore passe-partout, familière aux enfants pour marquer une intensité de ressenti à orientation positive.

E) Les champs associatifs, collocations avec l’adjectif aventureux
Dans l’enseignement des langues, c’est une méthode connue que de partir d’un centre d’intérêt autour duquel on regroupe un certain nombre de mots « ayant un rapport quelconque avec l’idée de base, qui semblent les plus utiles à connaître », et à constituer ainsi des « champs associatifs » (Picoche 77, p 90). Reprenant cette analyse, on peut dire que l’adjectif aventureux constitue un centre d’intérêt (l’aventure) autour duquel se regroupent des mots ayant diverses relations avec ce terme, selon la logique des champs associatifs.

L’ensemble des collocations s’organise autour de la catégorie personne , selon deux types de relations : générique/spécifique d’une part et métonymique-métaphorique d’autre part. Le générique personne est décliné en trois sous — catégories qui sont diversement traitées. Le féminin est décliné avec trois termes : femme, jeune fille, fille , ayant chacun une seule occurrence. En revanche homme se décline avec 10 termes différents, qui totalisent 53 occurrences sur un total de 138 réponses.
La catégorie homme se décline à son tour en deux sous-catégories, qui impliquent des connotations et des domaines de référence différents. Les termes chercheur, écrivain, voyageur sont connotés avec l’aventure de la découverte personnelle et intellectuelle. En revanche, les termes comme soldat, héros, cavalier... sont connotés avec la dimension physique, voir violente de l’aventure. Ils sont en relation avec la notion de pouvoir comme les termes prince, commandant et par extension avec l’idée de conquête.

Deux raisons peuvent expliquer l’écart de représentation entre masculin et féminin constaté dans les trois groupes. L’adjectif étant donné au masculin dans la liste des termes du test, les sujets ont pu être incités à proposer un nom masculin, malgré les consignes (écrivez un nom masculin ou féminin). Cela étant, le sémantisme de ce terme l’aventure, le risque, le danger, la découverte, est fortement connoté avec un sujet masculin, sur la base de stéréotypes culturels fondés sur des données historiques et sociales

En ce qui concerne les collocations à caractère métonymique, elles intègrent la valeur métaphorique des notions de temps ou d’espace avec des termes comme : histoire, passé (aventureux), chemin, parcours (aventureux) . On relève par ailleurs une série de termes en relation métonymique avec le générique, qui renvoient à la vie psychique du sujet au plan individuel (par exemple caractère, esprit aventureux ) ou social (comportement aventureux par exemple).

2.2 Relations entre collocations et fonctionnement lexical

Les collocations associées à chaque mot–stimulus s’organisent en ensembles structurés en catégories et sous catégories sémantiques (voir organigrammes). L’analyse du corpus montre que par ailleurs, les éléments de ces ensembles ne sont pas simplement juxtaposables dans chaque catégorie, mais au contraire liés entre eux.

Les relations très générales, qui unissent des ensembles importants de mots, sont fondées sur la ressemblance ; la hiérarchie et la solidarité des sémèmes. Elles contribuent à régler les liens sémantiques entre les mots et entre les différentes acceptions des mots : « Ces relations sont la synonymie, l’antonymie, l’hyperonymie et l’hyponymie auxquelles on peut joindre les manifestations régulières de la métonymie. » (Mortureux 97, p 89). Dans ce corpus, les collocations associées à chaque mot-stimulus apparaissent effectivement liées entre elles par ces relations structurelles. Elles forment ainsi des ensembles dont la structure est en quelque sorte une image en miroir du fonctionnement lexical.

Catégories et Traits sémantiques
Pour l’essentiel, les collocations liées à un mot donné s’organisent de manière identique dans les trois groupes en catégories et sous-catégories sémantiques hiérarchisées (voir figures). Les mots entrant dans chacune des catégories sont, pour beaucoup, présents dans les trois groupes.

Les collocations liées à un mot se regroupent de manière dominante par rapport à une catégorie ou à un trait sémantique en lien avec le mot-stimulus (voir figures )

  • baveux > animaux prototypiques (escargot,chien, crapaud)
  • poussiéreux > champ lexical de la maison
  • respiration > intensité,rythme
  • admiration > intensité, superlatif
  • aventureux > personne, genre masculin

Par ailleurs, ce vocabulaire est structuré, on l’a vu, par un ensemble de relations sémantiques qui constitue l’architecture du lexique. « On conviendra d’appeler lexique l’ensemble des mots qu’une langue met à disposition des locuteurs, et vocabulaire l’ensemble des mots utilisés par un locuteur donné dans des circonstances données. » (Picoche,1977, p 44).

Générique -spécifique
Dans la langue naturelle, les relations sont souples et variables ; à l’intérieur d’un schéma hiérarchique stable, la place d’un mot et donc ses relations avec les autres mots peut varier « Cette souplesse de positionnement est liée aux multiples points de vue possibles » (Mortureux, 97, p84). Ainsi les noms, animal, chien , associés à baveux s’inscrivent dans un schéma hiérarchique stable : générique hyperonyme animal , spécifique hyponyme, chien  ; de même, personne, prince, héros , associés à aventureux . Dans le cadre de ce même schéma, le substantif héros est spécifique en regard du générique personne , en revanche il a une fonction d’hyperonyme désignant une catégorie, dans laquelle on peut regrouper prince, chevalier, explorateur  ; autre exemple, parmi les noms associés à l’adjectif poussiéreux , pièce est hyponyme par rapport à endroit , mais hyperonyme par rapport à salle à manger, salon .
Les termes génériques, par exemple meuble associé à poussiéreux , ont une occurrence forte : 37 occurrences sur 50 dans la catégorie, par rapport aux termes spécifiques, comme armoire, commode, fauteuil, placard, table (13/50).
Quant aux adjectifs, les termes à valeur très générale comme grand, bon , ont des possibilités associatives très larges, leur spécificité est d’être des « collocatifs illimités » (Galisson 71, p14). L’adjectif grande par exemple apparaît effectivement en collocation avec chacun des noms de la liste du test.

Synonymes et antonymes
Parmi les adjectifs associés aux substantifs, apparaissent des séries de synonymes correspondants à différents points de vue par rapport au référent, par exemple :

  • non marqué : grande, forte admiration ; respiration bonne, normale
  • trait négatif : respiration dure, douloureuse .
  • superlatif : admiration immense, sans bornes, sans limites  ; respiration ample, profonde
  • superlatif + trait négatif : admiration folle, démesurée  ;

Un mot polysémique peut-être synonyme d’un autre mot seulement par l’une de ses acceptions, qui s’actualise en fonction du contexte. C’est le cas de l’adjectif dure , associé ici à respiration , il est synonyme de douloureuse, difficile . En revanche, ce même adjectif associé à jugement , serait synonyme de sévère .

Deux termes antonymes comportent forcément un ou plusieurs sèmes communs, car « pour que deux mots soient le contraire il faut qu’ils parlent de la même chose » (Picoche, 93, p 45). Les adjectifs associés au substantif respiration par exemple s’organisent dans une relation antonymique pour chacun des aspects du processus :

  • vitesse : respiration lente/rapide
  • intensité : respiration forte/faible ; profonde /superficielle
  • rythme respiration régulière/saccadée
  • évaluation respiration bonne/mauvaise ; normale/ inquiétante
  • sensation respiration agréable/épouvantable

Autres exemples extraits du corpus

  • admiration sincère /feinte  ; amélioration durable/ passagère
  • administration compétente/ incapable  ; évolution soudaine / progressive
  • récréation courte / longue  ; ancienne/nouvelle génération
  • bonne/mauvaise opération ; grande/petite variation ; motivation faible/forte

Métaphore
L’essence d’une métaphore est qu’elle permet de comprendre quelque chose et d’en faire l’expérience en terme de quelque chose d’autre. « Le fait d’appréhender un terme abstrait en terme d’expérience humaine est ( ...) le moyen de verbaliser sa compréhension, mais aussi de le comprendre. » (Lakoff G et Johnson M, 1980, p 15)

La métaphore consiste à attribuer une signification au mot sur la base d’une comparaison sous -entendue ce qui suppose une mise entre parenthèses de certains sèmes du mot qu’elle concerne. Par exemple la métaphore souvenir poussiéreux assimile souvenir à un objet concret alors qu’il désigne une trace immatérielle en mémoire ; commerçant baveux , la métaphore met au premier plan un comportement individuel (malveillance, hypocrisie) et non la catégorie.
Les collocations à valeur métaphorique sont peu nombreuses dans ce corpus. En l’absence de contexte, ces collocations, spontanément évoquées, correspondent à des métaphores plus ou moins figées et non à des créations individuelles par exemple : administration, loi poussiéreuse ; admiration aveugle sont des clichés et commerçant, écrivain baveux correspondent à des représentations stéréotypées.

Métonymie
Comme la métaphore la métonymie a des fondements expérientiels et culturels. Elle correspond à l’utilisation d’une entité pour faire référence à une autre entité. Ainsi, les substantifs coeur, esprit associés à l’adjectif aventureux , font référence à la personne ; histoire, destin aventureux ajoutent à cette référence la notion de temps, alors que périple, parcours aventureux , privilégient la notion d’espace. À l’intérieur d’un champ lexical sémantique, les oppositions pertinentes ne sont pas en effet toutes du même ordre (Picoche 77, p 37) ; par exemple, parmi les noms d’habitation certains privilégient la dimension, d’autres la localisation ( ex : une maisonnette / un rez- de chaussée ).

Syntagmes libres et syntagmes lexicalisés
Les termes d’une collocation sont plus ou moins liés selon qu’il s’agit d’un syntagme figé ou en voie de figement, ou d’un syntagme dont la construction est libre, mais rien dans l’aspect formel ne distingue l’unité lexicalisée du groupe de mots libres. Différents degrés de dépendance peuvent s’observer comme le montrent les exemples suivants puisés dans l’ensemble du corpus.

Syntagmes préconstruits
La collocation avec le mot stimulus correspond à un mot composé par exemple furieux > fou- furieux ou à un syntagme lexicalisé ; formation > formation professionnelle ; génération > génération montante ; opération > opération à coeur ouvert

Domaines de connaissances
Les collocations sont déterminées à des degrés divers par le domaine de connaissance auquel renvoie le mot stimulus, l’adjectif argileux par exemple est associé dans plus de 95 % des réponses à terrain, sol (domaine de la géologie).

Niveau de langue
Le choix d’une collocation peut également être lié au registre adopté, par exemple personne imbuvable / mec imbuvable (familier)

Connotations
Le signifié d’un mot comporte des éléments de sens stables que l’on peut analyser en sèmes logiquement classifiables, mais aussi d’autres éléments qui n’entrent pas dans ce type d’analyse et de classification. « On parle de façon assez flottante à propos de ces deux types d’éléments signifiants de dénotation et de connotation. » (Picoche 77, p 98.) Ainsi, les enfants associent acceptable à des objets du monde scolaire : carnet, dessin, devoir, résultat acceptable  ; alors que les jeunes et les adultes associent cette notion à la vie sociale et professionnelle : attitude, décision, compromis, offre, salaire, travail acceptable .
Les connotations individuelles sont cependant limitées dans ce corpus. Le test porte sur des associations de mots hors contexte, immédiatement disponibles en mémoire. En conséquence, les collocations ainsi obtenues correspondent plus souvent à des segments préconstruits qu’à des connotations singulières purement subjectives.

Enfants et adultes : un vocabulaire en commun
On constate enfin que, dans le cadre de ce test, les collocations produites par les enfants présentent de grandes similitudes avec celles des adultes. Les nombreuses études sur le développement lexical précoce de l’enfant, et plus particulièrement des enfants francophones, montrent d’ailleurs qu’au niveau de la structure, dès l’âge de trois ans, le vocabulaire de l’enfant est proche de celui de l’adulte. C’est sur le plan des contenus que ce vocabulaire est encore loin de celui de l’adulte et qu’il reste à développer durant toute la scolarité. « La principale caractéristique de l’acquisition lexicale est peut-être qu’elle se poursuit et s’affine tout au long de la vie. » (Bassano 2005, p 53).

Les enfants associent davantage de mots que les adultes à poussiéreux qui évoque un vocabulaire thématique qu’ils connaissent. Il en est de même pour aventureux, mot évocateur du monde romanesque des enfants (cinéma et littérature jeunesse).
En revanche, on relève moins de réponses pour admiration, certains enfants n’ayant rien associé à ce mot, sans doute faute de le comprendre vraiment. Mais les réponses données convergent avec celles des autres groupes. Une comparaison chiffrée avec le groupe de jeunes demeure en revanche difficile à établir du fait que ce groupe est plus restreint que les deux autres.

Pour conclure

Dans le cadre de ce test, on constate que le vocabulaire des sujets enfants et adultes, est constitué pour l’essentiel de connaissances et de représentations partagées, avec cependant une complexité plus grande pour le vocabulaire adulte. Les régularités observées au niveau de la nature et de l’organisation des collocations montrent que le lexique des sujets testés enfants, jeunes et adultes francophones comporte un nombre important de syntagmes préconstruits.

Cette observation amène à penser que l’enseignement des langues doit dépasser la distinction traditionnelle lexique/grammaire et prendre en compte le fait qu’une part importante de la langue est constituée de segments « préfabriquées » (Lewis 2005), dont l’assimilation conditionne la fluidité de l’expression orale et écrite. Cela n’exclut pas pour autant l’étude systématique de points de grammaire ou de vocabulaire pour organiser et fixer les connaissances. Concernant plus particulièrement l’apprentissage du vocabulaire, il ne suffit pas de distinguer les sens d’un mot, il faut aussi connaître le lien qui existe entre ces divers sens. On ne perçoit pas « les échos implicites que le mot éveille dans la communauté linguistique, si on se limite à la seule analyse sémantique qui en dissèque le contenu. » (Pruvost, 2005, p10). Cette dimension est essentielle dans l’enseignement-apprentissage du FLE ou FLS.

L’approche syntagmatique permet précisément de dépasser la stricte analyse sémantique, en explorant les affinités, les connexions entre les mots à la croisée du discours et de la langue. L’auteur de l’inventaire thématique et syntagmatique du français , explique ainsi ses choix « Les lieux communs, les banalités de la conversation quotidienne, “le sentiment linguistique” des collègues nous ont servi de critères — raisonnables, mais approximatifs — pour le tri des syntagmes ». (Galisson 1971, p 14). Dans cette perspective, il reste à élaborer « une méthode permettant de dessiner des sortes de constellations lexicales où des mots nombreux et variés, ayant entre eux des liens sémantiques de diverses sortes, trouvent leur place naturelle. » (Picoche, 93, p 53).

Enfin, il serait intéressant d’un point de vue didactique de comparer les collocations obtenues à partir du type de test utilisé ici, avec celles que l’on peut observer dans les corpus de français parlé [14]


Éléments de bibliographie

APOTHELOZ D. (2002), La construction du lexique en français, Paris Ophrys, collection L’essentiel du français.
BASSANO D. (2005), Le développement lexical précoce : état des questions et recherches récentes sur le français, dans Didactique du lexique : langue, cognition, discours, dir F Grossmann, M.A Paveau et G Petit, Ellug, pp 1-33.
BASSANO D. (1998), Sémantique et syntaxe dans l’acquisition des classes de mots : l’exemple des noms et des verbes en français, Langue française no 118, pp26-48, Paris Larousse.
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P.-S.

Annexe 1

Répondez le plus spontanément possible

Ex : une plaisanterie

une plaisanterie lourde

Ex frileux

Des consommateurs frileux

administration amoureux
admiration argileux*
amélioration aventureux
aggravation baveux
évolution curieux
fédération furieux
fixation ingénieux
formation malheureux
génération miteux*
motivation nuageux
opération paresseux
récréation poudreux
respiration poussiéreux
utilisation soupçonneux
variation terreux
ventilation Véreux

* mots non répertoriés dans le Dictionnaire du français usuel (Picoche 2002)


Colloque AFLS
Association for French Language Studies
“Didactique / linguistique de corpus”
Université de Savoie, Chambéry 2-4 septembre 2005


Université Stendhal-Grenoble 3


Notes

[1Mel čuk et alii, 84 à 99, DECFC Dictionnaire explicatif et combinatoire du français contemporain
Polguère et al, DiCo Dictionnaire d’apprentissage du français langue étrangère et seconde

[2Verlinde et al, ALFALEX environnement en ligne d’aide à l’apprentissage lexical du FLE

[3DFU dictionnaire du français usuel, Picoche & Rolland 2002

[4Beauchesne 2001, Gonzales-Rey 2001

[5Nattinger J et de Carrico J, 92 ; Lewis M 93, 97 ;

[6Firth J.R 1957 ;

[7“Collocation is the readily observable phenomenon whereby certain words co-occur in natural text with greater that random frequency..... Collocations range on a spectrum from fully fixed, to catch a cold, through relatively fixed, to totally novel” (Lewis 2002,8)

[8sur la Lexical Approach voir Williams G, « Les collocations et l’école contextualiste britannique » in Grossmann et Tutin 2003

[9voir annexe 1- Les mots des listes ont été sélectionnés dans l’ouvrage « Les Mots en jeux », CRDP de Grenoble 2002, E. Calaque

[10dictionnaire des synonymes laboratoire CRISCO , université de Caen, site/http://elsap.unicaen.fr/

[11dictionnaire des synonymes laboratoire CRISCO , université de Caen, site/http://elsap.unicaen.fr/

[12Dans la perspective de G Guillaume le passage de la saisie plénière du sens d’un mot, à une saisie partielle qui sélectionne un ou des éléments du sens de ce mot est un processus de subduction.( ex il respire la tristesse : sélection de la notion d’extériorisation dans le sémantisme de respirer)

[13Dictionnaire explicatif et combinatoire de la langue française, vol 1, p 54, 1984, Presse de l’université Laval

[14CORPAIX, corpus de 1 million de mots, Description Linguistique Informatisée sur Corpus, GARS (dir C.B Benveniste), DELIC, ( dir D Veronis), Université de Provence

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